Incendie de Mohammadia : TEBBOUNE promet une enquête « du planton jusqu’au plus haut niveau »

Par : Mohammed CHOUAKI

Douze jours après l’incendie qui a ravagé l’Établissement de l’enfance assistée de Mohammadia, dans la banlieue est d’Alger, le Président Abdelmadjid TEBBOUNE a annoncé, lundi 27 juillet, l’ouverture d’une enquête « très approfondie » devant couvrir « du planton jusqu’au plus haut niveau » de responsabilité. Le sinistre, survenu le 16 juillet, a coûté la vie à 11 enfants et à une éducatrice, et fait 19 blessés. Les premiers éléments de l’enquête policière pointent une étincelle électrique provenant d’un climatiseur, mais le Chef de l’État insiste sur la nécessité d’établir toutes les défaillances et responsabilités.  

Un drame qui a ému toute l’Algérie

C’est aux alentours de 3 h 30 du matin, jeudi 16 juillet, que le feu s’est déclaré dans l’orphelinat de Mohammadia, un établissement public de prise en charge d’enfants assistés, situé à l’Est d’Alger. Les flammes se sont rapidement propagées dans les dortoirs, piégeant de nombreux enfants endormis.

Le bilan humain est lourd : 11 Orphelins ont perdu la vie, ainsi qu’une éducatrice de 52 ans. Dix‑neuf autres personnes ont été blessées, dont 10 souffrants de brûlures de différents degrés. Plusieurs corps ont été entièrement calcinés, rendant nécessaire le recours à des analyses ADN pour identifier les victimes, selon le service de médecine légale de l’hôpital Mustapha Bacha.

TEBBOUNE : « Du planton jusqu’au plus haut niveau »

Dans un extrait de son entretien périodique avec la Presse Nationale, diffusé lundi soir à la télévision Algérienne, le Président de la République a évoqué directement le drame de Mohammadia.    « J’ai ordonné aux services de sécurité une enquête très approfondie, du planton jusqu’au plus haut niveau, afin de mettre toute la lumière sur cette tragédie », a déclaré Abdelmadjid TEBBOUNE.

Le Chef de l’État a précisé avoir personnellement instruit les forces de l’ordre de travailler « sans traitement de faveur ni manque de rigueur », en ciblant l’ensemble du personnel et de la tutelle de l’établissement. « Aucun niveau de responsabilité ne sera épargné », a‑t‑il souligné, promettant que les conclusions de l’enquête déboucheront sur des suites judiciaires et administratives claires.

Une étincelle électrique, mais des zones d’ombre

Selon les premiers éléments fournis par la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN), l’incendie aurait été déclenché par une « étincelle électrique » provenant d’un climatiseur défectueux. Cette hypothèse technique, communiquée par la police, reste toutefois à confirmer et à préciser dans le cadre de l’enquête plus large ordonnée par le président.

Au‑delà de la cause immédiate du feu, l’enquête devra établir les éventuelles défaillances en matière de sécurité incendie : conformité des installations électriques, présence et état des extincteurs, fonctionnement des alarmes et des issues de secours, formation du personnel, respect des normes d’accueil d’enfants dans un établissement de ce type.

Visite Présidentielle à l’hôpital des grands brûlés de Zéralda

Dès son retour au Pays, vendredi 17 juillet, après un déplacement en Allemagne, le Président TEBBOUNE s’est rendu à l’Hôpital des grands brûlés de Zéralda, à l’ouest d’Alger, pour s’enquérir de l’état de santé des blessés. Accompagné d’une importante délégation officielle, il a écouté les explications du staff médical chargé du suivi des victimes de l’incendie.

Cette visite, très symbolique, avait pour objectif de montrer l’attention particulière accordée par le pouvoir exécutif à ce dossier sensible, dans un contexte où la question de la protection des enfants vulnérables touche directement l’opinion publique.

Funérailles et deuil national

Les funérailles des 11 victimes ont été organisées le jeudi 16 juillet, dans une atmosphère de deuil profond. Des milliers de personnes, dont des responsables locaux et des familles, ont assisté aux prières funéraires, exprimant leur soutien aux proches des enfants disparus et leur indignation face à un tel drame.

Sur les réseaux sociaux et dans les médias, le drame de Mohammadia a suscité une vague d’émotion et de questions sur les conditions de prise en charge des enfants assistés en Algérie, ainsi que sur le respect des normes de sécurité dans les établissements publics.

Enjeux politiques et judiciaires

L’annonce d’une enquête « du planton jusqu’au plus haut niveau » place le dossier de Mohammadia au cœur des préoccupations politiques et judiciaires. Elle intervient dans un contexte plus large de multiplication des incendies dans le Pays, certains présentant, selon les autorités, un « caractère criminel », tandis que d’autres sont liés à des facteurs naturels ou techniques.

Pour le gouvernement, l’enjeu est double : faire toute la lumière sur les causes exactes de ce sinistre particulier, et rassurer l’opinion sur la capacité de l’État à protéger les populations les plus vulnérables, notamment les enfants placés dans des institutions publiques.

Les conclusions de l’enquête pourraient déboucher sur des sanctions disciplinaires, des poursuites pénales contre des responsables présumés, et éventuellement des mesures de réforme du secteur de la protection de l’enfance et de la sécurité des établissements d’accueil.

Une société Algérienne sous le choc

Au‑delà des aspects techniques et judiciaires, l’incendie de Mohammadia a profondément marqué la conscience collective. La mort de 11 enfants dans un lieu censé les protéger a été vécue comme une blessure morale et symbolique, ravivant les débats sur la gestion des établissements sociaux et la responsabilité de l’État envers les plus fragiles.

L’enquête ordonnée par le Président TEBBOUNE est désormais attendue comme un test de crédibilité : capacité à établir la vérité, à désigner les responsabilités, et à proposer des mesures concrètes pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise.

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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