
Par : Dr Amina Salhi
Chaque année, des Millions de tonnes de denrées alimentaires sont perdues ou gaspillées dans le Monde. Ce phénomène ne représente pas uniquement une perte économique ; il constitue également un défi environnemental, social et stratégique. Pour un Pays qui ambitionne de renforcer sa souveraineté alimentaire, chaque aliment produit doit être considéré comme une ressource précieuse.
L’Algérie a engagé d’importants efforts pour développer sa production agricole et agroalimentaire. La prochaine étape pourrait être de réduire significativement les pertes tout au long de la chaîne alimentaire, depuis la production jusqu’au consommateur.
C’est dans cette perspective que je propose l’ouverture d’une réflexion autour d’une Stratégie Algérienne « Zéro Gaspillage Alimentaire 2035 », fondée sur une approche progressive, scientifique et mobilisatrice.
Cette stratégie pourrait reposer sur cinq axes majeurs.
Le premier consiste à mesurer le gaspillage alimentaire grâce à des indicateurs nationaux permettant d’identifier les secteurs où les pertes sont les plus importantes.
Le deuxième vise à moderniser les infrastructures de stockage, de transport et de conservation, afin de limiter les pertes après récolte et de préserver la qualité des produits.
Le troisième repose sur la valorisation des invendus et des coproduits alimentaires, notamment par leur transformation, leur redistribution lorsqu’elle est possible dans le respect des règles sanitaires, ou leur utilisation dans l’économie circulaire.
Le quatrième axe concerne « la sensibilisation des consommateurs. Les habitudes d’achat, de conservation et de consommation jouent un rôle essentiel dans la réduction du gaspillage. Une culture de la consommation responsable peut produire des résultats durables.
Enfin, le cinquième axe encourage l’innovation et la recherche scientifique, afin de développer des solutions adaptées aux réalités algériennes, qu’il s’agisse d’emballages intelligents, de technologies de conservation ou d’outils numériques permettant d’optimiser les flux alimentaires.
Réduire le gaspillage alimentaire ne signifie pas seulement économiser des ressources. C’est également préserver l’eau, l’énergie, les terres agricoles et le travail des producteurs. C’est renforcer la compétitivité des entreprises, améliorer l’efficacité des filières et contribuer à la protection de l’environnement.
Plusieurs Pays ont démontré qu’une stratégie nationale fondée sur la prévention, l’innovation et la coopération entre les institutions, les entreprises et les citoyens permet d’obtenir des résultats concrets. L’Algérie dispose aujourd’hui des compétences scientifiques, des ressources humaines et des capacités institutionnelles pour construire sa propre approche, adaptée à ses priorités nationales.
Faire du « Zéro Gaspillage Alimentaire 2035 »** un objectif collectif serait un investissement dans l’avenir. Chaque kilogramme d’aliment préservé représente une économie de ressources, une meilleure valorisation de la production nationale et une contribution directe à la sécurité alimentaire.
L’avenir ne dépend pas uniquement de notre capacité à produire davantage. Il dépend aussi de notre capacité à préserver intelligemment ce que nous produisons. C’est dans cette vision que pourrait s’inscrire une stratégie nationale ambitieuse, plaçant la lutte contre le Gaspillage Alimentaire parmi les priorités du développement durable en Algérie.
Par : Dr Amina Salhi – Alger
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