
Par : Abdelkader REGUIG
Une prière sous le signe de la sensibilisation
Ce vendredi 24 juillet 2026, la prière de la Djoumouaa s’est tenue à la Zaouïa du Cheikh Ibrahim Ajradi, située à Ould Charef, dans la Wilaya de Tlemcen. Devant une assemblée recueillie, le Cheikh Ibrahim a profité de ce moment de rassemblement spirituel pour dispenser un enseignement magistral sur les défis environnementaux auxquels notre pays est confronté.
Avec une gravité empreinte de sagesse, il a développé une réflexion profonde sur l’impact dévastateur des feux de forêts, rappelant que ces incendies modifient radicalement l’équilibre de la planète en affectant la qualité de l’air, les cycles chimiques et la biomasse, c’est-à-dire le poids de la matière vivante dans nos écosystèmes.
Les feux de forêts : un déséquilibre aux multiples facettes
L’impact sur l’air que nous respirons
Contrairement aux idées reçues, un incendie ne vide pas l’atmosphère terrestre de son oxygène global. En revanche, il détruit instantanément les mécanismes locaux de purification de l’air. Le Cheikh Ibrahim a expliqué avec clarté que les arbres calcinés cessent d’absorber le dioxyde de carbone et de rejeter de l’oxygène, tandis que la combustion consomme localement d’immenses quantités d’oxygène pour alimenter les flammes. Le bois, qui stocke naturellement le carbone, le relâche sous forme de CO₂, un puissant gaz à effet de serre. Les fumées libèrent également des particules fines, du monoxyde de carbone et des composés toxiques dangereux pour la santé humaine et animale.
La perte de la biomasse : un effondrement silencieux
La biomasse, qui représente le poids total de la matière vivante dans un écosystème, subit un effondrement brutal lors des incendies. Des tonnes de bois, de feuilles et de racines sont réduites en cendres, et il faudra des décennies pour reconstituer ce patrimoine végétal. La faune, qui ne peut fuir, périt dans les flammes, brisant ainsi la chaîne alimentaire. La chaleur extrême cuit le sol en surface, détruisant les micro-organismes, champignons et vers de terre qui font la richesse biologique de nos terres.
Les réactions en chaîne sur l’écosystème
Le passage du feu modifie radicalement les éléments naturels. Sans racines pour retenir la terre, le sol s’amincit et les pluies entraînent la terre fertile, provoquant glissements de terrain et érosion. Les forêts, qui agissent comme des éponges, ne peuvent plus retenir l’eau qui ruisselle immédiatement au lieu de s’infiltrer pour nourrir les nappes phréatiques, aggravant ainsi la sécheresse.
La situation en Algérie : une vague d’incendies sans précédent
En ce mois de juillet 2026, l’Algérie fait face à une vague d’incendies d’une ampleur inédite, provoquée par une canicule exceptionnelle où les températures ont frôlé les 49 °C. La Protection civile a recensé plus de 1 600 départs de feux depuis le début du mois, touchant gravement le nord, le centre et l’est du pays.
Un bilan humain et matériel lourd
Les pertes sont tragiques : 6 décès ont été constatés à l’échelle nationale, notamment dans les Wilayas de Guelma et Sétif. Des centaines d’habitations ont été endommagées, forçant l’évacuation de populations locales et de structures médicales, comme à Annaba. Les pertes agricoles sont sévères : des parcelles de récoltes, des poulaillers, des ruches d’apiculteurs et du bétail ont été détruits. Des centaines d’hectares de forêts et de maquis sont totalement réduits en cendres, particulièrement à Skikda, en Kabylie et à Bouira.
Les zones les plus touchées
L’intensité des incendies a mobilisé les secours dans un grand nombre de Wilayas. Plusieurs foyers restent activement surveillés ou en cours d’extinction :
· Région Est : Souk Ahras, Annaba, Skikda, El Tarf, Mila et Constantine
· Région Centre et Kabylie : Béjaïa, Tizi Ouzou, Bouira et Médéa
· Région Ouest : Saïda
Une mobilisation nationale sans précédent
Face à l’urgence, les autorités ont déployé un dispositif logistique et humain conséquent : 19 000 pompiers et plus de 700 camions anti-incendie sont mobilisés au sol, tandis que l’armée apporte son soutien avec une flotte aérienne comprenant des hélicoptères et des avions bombardiers d’eau.
Une invocation à Allah en faveur du Président de la République, Abdelmadjid TEBBOUNE
Le Cheikh a élevé une prière vers Allah en reconnaissance de l’insistance du Président de la République, Abdelmadjid TEBBOUNE, à soulager les sinistrés par des indemnisations rapides avant la rentrée sociale. Il a, par ailleurs, salué la solidarité nationale du peuple algérien, dont il a chaleureusement remercié l’élan de générosité.
La prière du vendredi s’est conclue dans la dignité et la reconnaissance, avec une prière adressée à Allah pour que notre Pays soit préservé de ces épreuves, et que la sagesse guide nos pas dans la protection de notre environnement, ce bien précieux confié à notre garde.
Que cette leçon nous inspire et nous rappelle notre responsabilité collective face à la préservation de notre patrimoine naturel.
Contact: orarexe@gmail.com
Par: Abdelkader REGUIG
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Situation très bien résumée.