
Par : Mohammed CHOUAKI
La Grande Mosquée de Paris a ouvert, en 2026, une année entière de célébrations pour marquer le centenaire de son inauguration, le 15 juillet 1926. Portée par son Recteur Chems-eddine Hafiz, cette commémoration se veut bien plus qu’un simple anniversaire : elle entend rappeler la place singulière de l’édifice dans l’histoire de France, dans la mémoire des combattants musulmans de la Première Guerre Mondiale et dans le paysage religieux et culturel de la capitale.
Dès la cérémonie des vœux de janvier 2026, le recteur a donné le ton en inscrivant ce centenaire dans une démarche de mémoire, de dialogue et d’affirmation citoyenne. Il a souligné que la Grande Mosquée de Paris continuerait d’être « une maison de paix, de prière, de dialogue et de générosité », rappelant que les musulmans font partie de l’histoire de France, de son présent et de son avenir. Cette ligne directrice éclaire l’esprit des festivités prévues tout au long de l’année.
Un monument né de la Grande Guerre
L’histoire de la Grande Mosquée de Paris est indissociable de la Première Guerre Mondiale. Son inauguration en 1926 a été pensée comme un hommage aux soldats Musulmans morts pour la France, dans un contexte où la République voulait saluer l’engagement de centaines de milliers de combattants venus des colonies et du Monde Musulman. Le lieu a ainsi pris une dimension symbolique forte, à la fois religieuse, mémorielle et politique.
Construit dans le 5e arrondissement de Paris, l’édifice s’est imposé comme un repère architectural majeur avec ses jardins, son minaret et son style Hispano-Mauresque. La cérémonie du centenaire rappelle aussi que la Mosquée n’est pas seulement un lieu de culte, mais un Monument historique et un marqueur de l’histoire Française du XXe siècle.
Une cérémonie à portée nationale
Le centenaire a été conçu comme un temps fort de reconnaissance nationale. Selon les prises de parole du Recteur, l’inauguration de 1926 traduisait déjà la reconnaissance de la Nation envers les soldats Musulmans venus défendre la France pendant la Grande Guerre. Cette lecture historique place la Mosquée au croisement de la mémoire combattante, de l’intégration républicaine et de la présence Musulmane en France.
La cérémonie et les commémorations associées ont aussi une dimension politique et civique. La Grande Mosquée de Paris revendique sa contribution au débat public, notamment face aux discriminations et à ce que son Recteur qualifie de « musulmanophobe ». Le centenaire devient ainsi un moment de visibilité institutionnelle, mais aussi une manière d’inscrire la parole musulmane dans l’espace Républicain.
Un programme commémoratif ambitieux
L’année du centenaire ne se limite pas à une cérémonie officielle. Le programme annoncé comprend plusieurs expositions, dont une sur le cheval Arabe, un concours de calligraphie, une journée de dégustation culinaire et des dispositifs visuels et sonores destinés à faire redécouvrir le lieu autrement. L’institution prévoit aussi un timbre commémoratif, une médaille du centenaire réalisée par la Monnaie de Paris et même la création d’un festival du court-métrage.
Ce calendrier vise à mêler patrimoine, culture, spiritualité et transmission. Il s’agit de montrer que la Grande Mosquée de Paris appartient à un héritage commun, tout en affirmant sa vocation religieuse et son rôle de médiation dans la société Française. La commémoration prend ainsi des formes multiples, à la fois solennelles et populaires.
Une portée symbolique durable
Au-delà des célébrations, le centenaire réactive une question centrale : quelle place pour la Grande Mosquée de Paris dans la France contemporaine ?
L’institution entend répondre en renforçant son Observatoire des discriminations et en poursuivant un travail sur l’adaptation du discours religieux Musulman aux sociétés Occidentales. Elle veut aussi montrer que la foi Musulmane peut s’inscrire pleinement dans le cadre républicain.
Cette ambition s’accompagne d’un message de continuité. Dans son discours, Chems-eddine Hafiz a insisté sur le fait que la Mosquée continuerait d’être une voix tranquille, porteuse de paix et de fraternité, dans une société traversée par les tensions. Le centenaire apparaît alors comme un moment de mémoire, mais aussi comme une projection vers l’avenir.
Par : Mohammed CHOUAKI

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