
Par : Abdelkader Reguig
En ce mois de juillet où l’Algérie célèbre le 64ᵉ anniversaire de la Fête de l’Indépendance et de la Jeunesse, le devoir de mémoire nous ramène inexorablement vers les heures les plus sombres de l’histoire. Le 5 juillet 1962 marque la fin de 132 ans de colonisation, mais la mémoire nationale reste hantée par l’atrocité d’un système qui n’épargnait ni les innocents, ni les mineurs. Parmi ces figures dont le visage demeure à jamais gravé dans les cœurs, Boualem Rahal, surnommé affectueusement « El Megnine »(Le Fou / Le Charmant), incarne avec éclat la férocité d’une administration prête à tout pour briser les rêves de jeunesse.
Joueur prometteur du Mouloudia d’Alger, ce jeune sportif au destin brisé fut victime d’une supercherie judiciaire d’une rare ignominie. Conscients qu’ils ne pouvaient légalement exécuter un enfant, les autorités coloniales falsifièrent son état civil. En modifiant délibérément sa date de naissance dans les registres de la Fédération de Football, elles le firent passer pour majeur afin de le précipiter vers l’échafaud.
C’est ainsi que, le 20 juin 1957, Boualem Rahal, encore mineur, fut condamné à mort et guillotiné à la prison de Serkadji, quelques minutes seulement après trois autres militants. Un acte de barbarie pure visant à étouffer toute voix dissidente, sans épargner la jeunesse.
Mais si la colonie a pu lui voler sa vie, elle n’a jamais pu lui voler sa légende. Durant sa détention, Boualem se lia d’amitié avec le musicien Mohamed El Badji. Profondément marqué par le martyre de ce jeune homme à la vitalité inoubliable, El Badji composa, juste après l’exécution, le célèbre refrain « Yal Megnine Ezzine » (Ô le beau fou). Ce chant devint bien plus qu’une mélodie ; il se mua en un hymne de résistance, une berceuse de la mémoire nationale, repris par des figures emblématiques telles qu’Amar Ezzahi et la voix envoûtante de Naïma Dziria.
Aujourd’hui encore, la voix de Boualem Rahal résonne à travers ces notes. Que Dieu accueille ses chouhadas dans Sa sainte miséricorde. Leur sacrifice, loin d’être oublié, est le socle indélébile de notre liberté retrouvée. Allah yarham chouhada.
-Contact: orarexe@gmail.com
Par : Abdelkader REGUIG
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