À l’ONU l’Algérie dénonce l’impunité nucléaire d’Israël

Par : Mohammed CHOUAKI

Lors d’une récente intervention à l’ONU, l’Ambassadeur d’Algérie Amar Bendjama a défendu une ligne ferme : dénoncer l’escalade militaire au Moyen-Orient, appeler au retour à la diplomatie et rappeler les fragilités du système international de non-prolifération nucléaire.

Dans le même temps, la question du contrôle d’Israël par l’AIEA revient au centre du débat, car l’État hébreu n’a jamais adhéré au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

L’Algérie a surtout insisté sur un point politique et juridique : il ne peut pas y avoir, selon elle, de crédibilité du système multilatéral si certaines puissances échappent aux mêmes règles que les autres. Cette position s’inscrit dans une critique plus large de l’inaction du Conseil de sécurité face aux crises régionales et aux attaques visant des installations nucléaires placées sous garanties internationales.

Pourquoi Israël échappe à l’AIEA

Israël échappe en grande partie au contrôle plein et entier de l’AIEA pour une raison simple : il n’est pas partie au TNP, et ses installations ne sont donc pas soumises aux garanties généralisées de l’Agence comme celles des États signataires.

L’AIEA indique elle-même que l’Inde, Israël et le Pakistan ne sont pas parties au TNP, même s’ils ont conclu certains accords de garanties limités avec l’Agence.

Concrètement, cela signifie que l’AIEA ne dispose pas du même droit d’inspection étendu sur l’ensemble du programme nucléaire israélien que dans les pays soumis au régime complet de garanties. Plusieurs sources rappellent aussi qu’Israël n’a jamais confirmé ni démenti officiellement posséder l’arme nucléaire, ce qui alimente depuis des décennies les critiques Arabes et non Alignées sur le double standard nucléaire au Moyen-Orient.

Un débat ancien, toujours sensible

La contestation de cette situation n’est pas nouvelle. Dès 2009, des pays Arabes avaient déjà poussé à l’AIEA une résolution demandant à Israël d’adhérer au TNP et de placer toutes ses installations nucléaires sous contrôle international, mais le sujet reste bloqué par les rapports de force diplomatiques.

La résolution de 2009 et les textes similaires ont mis en lumière une fracture durable entre ceux qui estiment qu’Israël bénéficie d’une forme d’exception, et ceux qui considèrent que sa posture nucléaire contribue à la déstabilisation régionale. C’est précisément sur ce terrain que l’Algérie, dans ses prises de parole à l’ONU, cherche à replacer le débat : non pas seulement sur la guerre en cours, mais sur l’inégalité de traitement dans l’ordre international.

Version plus directe pour publication

À l’ONU, l’Algérie a dénoncé l’impunité dont bénéficie Israël sur le dossier nucléaire, tout en appelant à un retour urgent à la diplomatie au Moyen-Orient. L’Ambassadeur Amar Bendjama a rappelé que le système multilatéral perd sa crédibilité lorsque certains États échappent aux mêmes obligations que les autres, alors qu’Israël n’est pas partie au TNP et ne place pas l’ensemble de ses installations sous les garanties complètes de l’AIEA.

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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