L’ALGÉRIE À OXFORD : QUAND LA PAIX DE L’ÉMIR ABDELKADER FAIT SA RENTRÉE DANS LE TEMPLE DU SAVOIR MONDIAL

Par : Abdelkader REGUIG*

Aujourd’hui nous vivons un instant historique sous l’égide du Président Abdelmadjid TEBBOUNE, un instant dont la portée dépassera largement les murs gothiques de cette prestigieuse université parmi les plus renommées au Monde.

Ce vendredi 12 juin 2026 restera gravé comme le jour où l’Algérie a officiellement pris ses quartiers à Oxford. L’inauguration de la Chaire Émir Abdelkader, a été officiellement lancée au sein du Centre d’Etudes Islamiques d’Oxford (OCIS). Scellée à Londres par le Ministre Algérien de l’Enseignement Supérieur, Kamel Baddari, ainsi que le Recteur de Djamaâ El-Djazair, Cheikh Mohamed Maâmoun Al Kacimi Al Hoceini marque bien plus qu’un simple accord académique : c’est l’intronisation solennelle de la pensée Algérienne dans le Panthéon du savoir planétaire.

UN BAPTÊME QUI PARLE AU MONDE

Pour couronner cet événement d’une portée symbolique immense, Oxford a fait un geste d’une générosité rare : l’une de ses salles publiques portera désormais le nom de « Salle d’Alger ». Ce n’est pas une simple étiquette sur une porte ; c’est une empreinte indélébile, un rappel permanent que la nation Algérienne est désormais partie prenante de l’ADN de cette cité du savoir. Les étudiants qui franchiront le seuil de cette salle, qu’ils viennent de Tokyo, de New York ou de São Paulo, prononceront le nom d’Alger sans même savoir parfois qu’ils participent à la construction d’un pont entre les rives de la Méditerranée.

Désormais, les portes d’Oxford sont grandes ouvertes.

Un appel officiel est lancé aux étudiants du monde entier pour qu’ils viennent étudier la philosophie de paix de l’Émir, reliant ainsi la Grande Mosquée d’Alger au Royaume-Uni dans une communion intellectuelle inédite. C’est un triomphe absolu pour le soft power algérien : son patrimoine intellectuel, trop longtemps confiné aux manuels d’histoire nationale, conquiert enfin la planète.

MAIS QUI EST DONC CET HOMME QUI FAIT ENTRER L’ALGÉRIE À OXFORD ?

L’Émir Abd el-Kader n’est pas un simple héros national. C’est une figure universelle qui a suscité l’admiration des plus grands esprits du XIXe siècle et continue d’inspirer notre modernité. Génie militaire, il fut aussi une hauteur philosophique et un humanisme d’exception, illustrés par le sauvetage de milliers de Chrétiens à Damas en 1860 — un geste de clémence qui force aujourd’hui encore le respect.

Attention à ne pas commettre une confusion historique trop répandue : ce n’est pas le Premier Ministre Britannique Winston Churchill qui a écrit sur l’Émir, mais le Colonel Charles Henry Churchill, officier et diplomate Britannique du XIXe siècle qui l’a côtoyé de près à Damas. Ce dernier, fasciné par l’homme, publie en 1867 la toute première biographie de l’Émir. Il écrit alors ces mots, qui prennent aujourd’hui une résonance prophétique : « Guerrier, orateur, diplomate, homme d’État et législateur, le secret de sa force résidait dans sa grandeur intellectuelle. »

L’HOMME QUI A FAIT L’UNANIMITÉ AUPRÈS DES GÉANTS DE LA PENSÉE

L’admiration pour l’Émir traverse tous les camps et toutes les époques. Le jeune Arthur Rimbaud, dans ses vers de collège, le dépeint comme un esprit vengeur et insaisissable défendant sa terre natale. Victor Hugo, qui s’est opposé aux dérives de la colonisation, voit en lui « le successeur de Jugurtha », à la fois « un guerrier et un penseur, un moine soldat ». Le philosophe Gustave Le Bon le cite comme l’incarnation la plus pure des vertus de la civilisation Arabe. Et l’immense Léon Tolstoï, profondément touché par sa spiritualité et son mysticisme soufi, salue en lui un homme qui sut abandonner les armes pour se consacrer à la quête de la vérité divine et de la fraternité humaine.

La grandeur de l’Émir se mesure aussi au respect absolu que lui vouaient ses adversaires militaires. Le Maréchal Soult, Ministre de la Guerre Français, le qualifie à la tribune de la Chambre des Députés de « l’un des trois seuls grands hommes de l’époque ». Le Général Paul Azan écrira plus tard que l’Émir résumait à lui seul toutes les forces de la résistance nationale Algérienne, s’élevant moralement et intellectuellement bien au-dessus de son époque.

LE MAÎTRE SOUFI ET LE PONT ENTRE LES CIVILISATIONS

Car l’Émir n’était pas seulement un stratège militaire. Après avoir déposé les armes en 1847, il se consacre entièrement à la quête mystique, devenant une figure majeure du dialogue interreligieux. Exilé à Damas, il enseigne à la Grande Mosquée des Omeyyades et devient le gardien spirituel de l’œuvre d’Ibn Arabi, le plus grand philosophe mystique du soufisme. Il rédige son chef-d’œuvre, « Le Livre des Haltes », un texte de haute volée mystique dicté lors de ses extases spirituelles.

L’Émir était aussi un homme tourné vers la modernité. Ami proche de Ferdinand de Lesseps, il voit dans le canal de Suez un symbole physique de la jonction entre l’Orient et l’Occident. Lors de l’inauguration officielle en 1869, il est l’invité d’honneur Mondial, voyageant sur le même bateau que l’Impératrice Eugénie de France et l’Empereur d’Autriche-Hongrie.

UN AVENIR RADIEUX POUR LA PENSÉE ALGÉRIENNE

Cette chaire à Oxford n’est qu’un début. Un jour viendra où nos grands Moudjahidine — Larabi Ben M’hidi, Ahmed Zabana, Amirouche, Boussouf, Ben Bella, Boumediene — seront enseignés dans les grandes universités du Monde. Leur combat pour la liberté, leur vision d’une Algérie indépendante et fière, leur intelligence politique et stratégique méritent d’être étudiés, analysés et célébrés au même titre que les grandes figures de l’émancipation humaine.

L’Algérie ne se contente plus de faire son entrée dans l’histoire Mondiale ; elle y écrit désormais ses propres chapitres. Avec la Chaire Émir Abdelkader, c’est une page entière qui s’ouvre, une page de paix, de dialogue et de rayonnement intellectuel. Oxford a reconnu ce que nous sommes depuis toujours : l’Algérie est une nation de penseurs, de guerriers et de bâtisseurs d’empires spirituels. Et c’est cette Algérie-là, fière et apaisée, marchant sur les traces de Boumediene, qu’Abdelmadjid TEBBOUNE mène aujourd’hui à la conquête du monde.

* Sénateur

Contact: orarexe@gmail.com

Par : Abdelkader REGUIG – Oran

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