
Par Mohammed CHOUAKI
Alger rêve-t-elle enfin de se doter d’un horizon de Gratte-Ciel ? C’est la question qui circule depuis plusieurs mois dans les milieux de l’urbanisme, de l’architecture et de l’immobilier Algérien. Réponse aujourd’hui de la source la plus autorisée en la matière : Mohamed Tarek Belaribi, Ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme, de la Ville et de l’Aménagement du Territoire.
« Oui, mais sous conditions »
Lors d’une récente déclaration, le Ministre a été catégorique : la construction de Gratte-Ciel en Algérie est tout à fait possible. Cependant, cette possibilité ne s’accompagne pas d’un blanc-seing. « L’Algérie ne dispose pas encore d’une étude nationale unique fixant les hauteurs maximales autorisées », a précisé Belaribi.
En attendant cette étude, qui devrait clarifier les règles à l’échelle du pays, c’est la réglementation existante qui s’applique.
La réglementation IGH : 50 mètres pour l’habitation
L’Algérie se réfère à la norme IGH (Immeubles de Grande Hauteur), en vigueur depuis 1976. Selon ce cadre réglementaire :

Mais la hauteur n’est pas le seul critère. Une condition impérative s’applique : les IGH ne peuvent être construits qu’à moins de 3 km d’une unité de protection civile. Cette exigence de sécurité explique en partie le nombre limité de Gratte-Ciel sur le territoire Algérien.
Quels Gratte-Ciel existent déjà en Algérie ?
Malgré ces contraintes, l’Algérie compte déjà plusieurs bâtiments de grande hauteur :
• Tour Galaxie (Oran) : 113 mètres, achevée en 2020 — la plus haute tour du pays
• Siège de la Grande Mosquée d’Alger : parmi les plus hautes structures
• Plusieurs immeubles de 20 à 30 étages à Alger, Hydra, Baba Hassen
Le baromètre des plus hautes constructions Algériennes reste encore modeste comparé aux métropoles internationales, mais il évolue.
Dzaïr Media City : la tour de 300 mètres à venir
Le projet le plus emblématique en cours est Dzaïr Media City, une cité des affaires prévue à Alger avec une tour de 280 à 300 mètres, destinée à être achevée entre 2030 et 2035.
Ce projet, qui placerait l’Algérie dans le cercle restreint des pays Nord-Africains dotés de super all buildings (Gratte-Ciel de plus de 300 m), symbolise la volonté du pays de moderniser son paysage urbain et d’attirer des investissements internationaux.
Deux lois clés pour transformer l’urbanisme Algérien
Le Ministre Belaribi a également annoncé que son Ministère finalise deux projets de loi essentiels :

« Ces deux lois changeront le paysage urbain du pays », a affirmé Belaribi.
Un débat entre modernité et identité urbaine
Derrière la question technique des Gratte-Ciel se cache un débat plus large : quel urbanisme pour l’Algérie de demain ?
Les partisans des tours y voient une modernisation nécessaire, un signe de puissance économique et une réponse à la pression foncière dans les grandes villes, surtout Alger.
Les détracteurs, eux, craignent une perte d’identité urbaine, une rupture avec l’architecture traditionnelle Algérienne (médinas, maisons basses, adaptation au climat) et des risques sécuritaires supplémentaires.
L’Algérie ouvre la porte, mais garde le contrôle
La réponse de Belaribi est claire : les Gratte-Ciel ne sont pas interdits en Algérie. Mais leur construction reste encadrée par une réglementation stricte, une volonté de sécurité et l’attente d’une étude nationale plus complète.
Avec des projets comme Dzaïr Media City et la finalisation imminente de nouvelles lois sur l’urbanisme, l’Algérie se prépare à transformer son paysage urbain. La question n’est plus de savoir si on construira des Gratte-Ciel, mais où, comment et à quelle hauteur.
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille
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