
Par : Mohammed CHOUAKI
Longtemps pensé comme un rêve d’aménagement du territoire, le projet de ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset prend désormais les contours d’un chantier structurant, promis à transformer en profondeur les équilibres économiques et territoriaux de l’Algérie. Avec plus de 2 000 kilomètres de tracé annoncés et une mise en service envisagée à l’horizon fin 2028, cette infrastructure est présentée comme l’un des projets les plus ambitieux du pays et, au-delà, comme l’une des grandes opérations ferroviaires du Continent.
Un axe national majeur
Conçue pour relier la Capitale à l’extrême Sud, la future ligne doit traverser de vastes espaces encore insuffisamment connectés aux grands centres de décision et de production. Elle devrait desservir plusieurs régions du pays, notamment des Wilayas du Centre et du Sud, avant d’atteindre Tamanrasset, avec une extension envisagée vers le Niger selon certaines projections. Dans cette perspective, le chemin de fer n’est pas seulement un moyen de transport : il devient un instrument de cohésion nationale et de rééquilibrage territorial.
Désenclaver le Sud
Le cœur du projet réside dans la volonté de rompre l’isolement relatif du Sahara Algérien, en facilitant la circulation des personnes, des biens et des services entre le Nord et le Sud. En reliant des zones longtemps dépendantes de la route à un réseau ferré moderne, l’Algérie entend réduire les coûts logistiques, fluidifier les échanges et améliorer l’accessibilité des régions intérieures. Pour les populations locales comme pour les acteurs économiques, l’enjeu est considérable : il s’agit de rapprocher le centre administratif du pays de ses marges Sahariennes.
Une vocation économique
Au-delà de la dimension symbolique, Alger-Tamanrasset répond à une logique économique claire : accompagner la mise en valeur des ressources, stimuler les activités productives et structurer de nouveaux pôles de développement. Le projet s’inscrit dans une stratégie plus large de maillage ferroviaire du territoire, avec l’idée de transférer une partie du trafic routier vers le rail afin d’alléger la pression sur les infrastructures existantes. À terme, cette liaison pourrait également servir de colonne vertébrale à des échanges transsahariens plus larges, en direction du Sahel.
Un chantier d’extrême
La portée du projet tient aussi à ses contraintes techniques. Le tracé doit franchir des reliefs variés, des zones arides et de longues distances dans des conditions climatiques particulièrement exigeantes. Certaines informations évoquent des tronçons conçus pour des vitesses élevées, ce qui traduit l’ambition d’inscrire la ligne dans les standards d’un rail moderne et performant. Mais un tel chantier suppose une exécution minutieuse, des investissements lourds et une gouvernance rigoureuse pour tenir les délais annoncés.
Une ambition continentale
Si le calendrier est respecté, la ligne Alger-Tamanrasset pourrait devenir bien davantage qu’un simple projet national. Elle incarnerait alors une nouvelle génération d’infrastructures capables de transformer des espaces réputés difficiles en axes de circulation, d’investissement et d’intégration régionale. C’est précisément cette capacité à relier, irriguer et structurer qui explique pourquoi ce projet est déjà perçu comme l’une des infrastructures les plus transformatrices en Afrique.
Chapeau possible
Avec plus de 2 000 kilomètres de rails à travers le désert et les hauts plateaux, la future ligne Alger-Tamanrasset s’annonce comme l’un des projets ferroviaires les plus ambitieux du continent. Pensée pour désenclaver le Sud Algérien et renforcer l’intégration territoriale, elle pourrait redessiner durablement la carte économique du pays.
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille
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