Paris et Alger en nouvelles tensions après l’annonce de Barrot sur le Sahara Occidental

Par : Mohammed CHOUAKI

Un regain de tensions diplomatiques entre Paris et Alger, déclenché par la position de la France sur le Sahara Occidental réaffirmée lors du séjour du Ministre Jean‑Noël Barrot à Rabat.

Une visite qui ravive les tensions

Le Ministre Français des Affaires Etrangères, Jean‑Noël Barrot, s’est rendu à Rabat le 20 mai 2026 pour participer à une conférence Internationale sur le maintien de la paix. Lors de cette rencontre, il a fermement réaffirmé la position de la France en faveur de la Souveraineté Marocaine sur le Sahara Occidental, en soutenant le plan d’Autonomie Marocain comme seule issue crédible au conflit.

Cette prise de parole publique a immédiatement déclenché une nouvelle polémique entre la France et l’Algérie, pays qui soutient le Front Polisario et s’oppose à l’annexion du Sahara Occidental par le Maroc.

La presse Algérienne en première ligne

Le Quotidien Algérien El Watan a vivement réagi le 24 mai 2026, accusant Barrot d’adopter une position hostile envers l’Algérie sur le dossier du Sahara Occidental. L’article dénonce un « alignement clair de Paris sur Rabat » et critique la diplomatie Française pour ce qu’elle perçoit comme un parti pris contre les intérêts Algériens.

Ces critiques ont rapidement débordé sur les réseaux sociaux, alimentant un climat de tension médiatique entre les deux pays et ravivant les sentiments nationalistes des deux côtés de la frontière.

Réponse ferme de la diplomatie Française

Bruno Retailleau, responsable de la diplomatie Française, a saisi l’affaire pour attaquer l’Algérie. Il a affirmé que le « Discours anti‑France » est utilisé comme « carburant » politique par le pouvoir Algérien, et que les visites de courtoisie des Ministres Français à Alger « n’y changent rien ».

L’Ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet, a qualifié les propos contre Barrot d’ « Inqualifiables » et « Inacceptables » pour le débat public. Il a appelé à un dialogue fondé sur le respect mutuel.

Romatet a rappelé que la France a le devoir d’avoir une relation forte à la fois avec le Maroc et avec l’Algérie, mais que les relations bilatérales ne peuvent avancer sans un minimum de respect dans les discours publics.

Un contexte diplomatique encore fragile

Paris et Alger sortent de plus d’un an de crise diplomatique, durant laquelle les échanges politiques et sécuritaires avaient presque totalement cessé. Le retour de Romatet à Alger vise à rétablir et reconstruire une relation Franco‑Algérienne très abîmée, dont la rupture a commencé notamment avec le changement de position de la France sur le Sahara Occidental.

La polémique actuelle fragilise les efforts en cours pour relancer une coopération encore précaire entre les deux pays.

Conclusion

Cette nouvelle controverse diplomatique illustre la difficulté de la France à maintenir un équilibre entre ses relations avec le Maroc et l’Algérie, deux piliers de sa politique en Afrique du Nord. La position de Paris sur le Sahara Occidental reste un point de friction majeur, capable de raviver rapidement les tensions entre Paris et Alger, malgré les efforts de réconciliation engagés depuis plusieurs mois.

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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