« L’Algérie accélère sa transition énergétique en plaçant le solaire au cœur de sa stratégie »

Par : Mohammed CHOUAKI

L’Algérie mise aujourd’hui de manière accélérée sur l’énergie solaire comme pilier central de sa transition énergétique, tout en multipliant les dispositifs de protection et de sécurisation de cette nouvelle base énergétique (sécurité technique, réglementation, intégration au réseau, protection environnementale et sociale).

  1. L’énergie solaire au cœur de la transition

L’État a fait du photovoltaïque le socle de son nouveau modèle énergétique, en misant sur un potentiel solaire exceptionnel (ensoleillement moyen supérieur à 3 000 h/an dans le Sahara). Les objectifs officiels visent 3 000 MW de capacité solaire d’ici 2026, 3 200 MW autour de 2027, puis 15 000 MW à l’horizon 2035, avec la création de centaines de centrales, notamment dans le Sud (Ouargla, El Oued, Ghardaïa, Béchar, …).

  • Protection technique et réglementaire

La « protection » de l’énergie solaire se traduit par des normes de dimensionnement, de raccordement au réseau électrique et de maintenance des installations, afin d’éviter surcharges, pannes répétées ou gaspillage. Les collectivités et Établissements publics reçoivent des instructions pour ne plus utiliser les énergies fossiles pour l’éclairage public, ce qui impose une sécurisation des systèmes photovoltaïques (régulateurs, batteries adaptées, structures résistantes au vent et à la poussière).

  • Protection du potentiel solaire et de l’environnement

L’État cherche à protéger le potentiel solaire du pays en limitant l’occupation des zones désertiques fragiles et en intégrant des exigences environnementales dans les cahiers des charges des projets. Le développement se concentre sur des domaines peu peuplés (Sahara intérieur) afin de préserver les terres agricoles du Nord et de limiter les conflits d’usage, tout en veillant à la gestion de l’eau et des ressources locales.

  • Protection économique et souveraine

La protection de l’énergie solaire s’accompagne de stratégies de valorisation du gisement national : montée en puissance de l’hydrogène vert, partenariats industriels (ex. avec LONGi) pour fabriquer localement des panneaux et appareils, et construction de méga‑usines dans le Sud. Ces projets visent à protéger l’économie Algérienne de la volatilité des hydrocarbures, en transformant le pays en futur exportateur d’électricité verte vers l’Europe et l’Afrique.

  • Protection sociale et territoriale

La transition solaire est présentée comme un levier de développement des régions Sahariennes, avec la création d’emplois directs et indirects dans la construction, l’exploitation et la maintenance des centrales. Des dispositifs d’autoproduction photovoltaïque pour les foyers et les PME sont encouragés, ce qui protège les ménages des surfacturations et des coupures, tout en limitant les déperditions sur le réseau national.

En synthèse, l’Algérie accélère sa transition énergétique en plaçant le solaire au centre de sa stratégie, mais cette accélération s’accompagne de mesures de protection technique, réglementaire, environnementale, économique et sociale pour sécuriser durablement ce nouveau pilier énergétique.

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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