
Par : Mohammed CHOUAKI
Au Maroc, le règne de Mohammed VI est marqué par un contraste saisissant entre une Monarchie puissante et une jeunesse en révolte. Symbole d’un « Roi des Pauvres » à ses débuts, le Souverain est aujourd’hui critiqué pour sa fortune colossale et les inégalités criantes qui gangrènent le pays.
Colère sociale et promesses Royales
Depuis 2025, des manifestations massives, portées par la génération Z, secouent le Royaume. Emploi, éducation, santé : les jeunes dénoncent un décalage entre les méga-projets (stades, Coupe du monde 2030) et leurs besoins quotidiens. Face à cette crise, Mohammed VI presse le gouvernement d’agir, annonçant des budgets records pour la santé et l’éducation, tout en réaffirmant qu’il n’y a « pas de place à un Maroc à deux vitesses ».
Un empire économique au cœur des critiques
L’enquête sur le passage du « Roi des Pauvres » au « monarque en Or massif » met en lumière la holding Al Mada, bras armé économique de la famille Royale. Contrôlant 20% de la Bourse de Casablanca (mines, banques, télécoms), elle est accusée de concurrence déloyale et d’opacité financière. Les Swissleaks de 2015 ont révélé un compte HSBC à Genève lié à des dividendes SNI/Al Mada, alimentant les soupçons d’évasion fiscale. Plus récemment, Al Mada a influé sur un litige entre Wana et Maroc Telecom, évitant les tribunaux par un règlement à l’amiable.
Santé fragile et transition dynastique
L’absence prolongée de Mohammed VI en 2026, notamment lors de la CAN, a ravivé les spéculations sur sa santé. Le Palais évoque des « douleurs lombaires », mais les rumeurs de « grave maladie » persistent. Parallèlement, le Prince Héritier Moulay El Hassan, nommé à un poste clé dans l’état-major, incarne une succession en préparation.
Un règne sous tension
Entre contestation sociale, opacité économique et incertitudes dynastiques, le Maroc de Mohammed VI navigue en eaux troubles. Les dons royaux (200 millions d’Euros anti-Covid) peinent à masquer un système où la monarchie concentre richesses et pouvoir, tandis que 15-20% de la population reste engluée dans la pauvreté. L’image du « Roi en Or massif » s’impose, au risque d’un clamor populaire toujours plus fort.
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille
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