Mali : Le Général Assimi Goïta brise le silence et tente de reprendre la main

Par : Mohammed CHOUAKI

Le Général Assimi Goïta, Chef de la junte Malienne, a mis fin aux rumeurs concernant sa supposée fuite hors du pays en réapparaissant publiquement le mardi 28 avril 2026. Après avoir été exfiltré vers un « endroit sûr » suite aux attaques meurtrières coordonnées lancées samedi dernier contre des positions stratégiques de la junte, notamment à Bamako et dans la ville-garnison de Kati, il était resté invisible, alimentant de nombreuses spéculations sur son sort.

Dans sa première déclaration depuis le début des événements, le Général Goïta a affirmé que la situation sécuritaire dans le pays était désormais « maîtrisée ». Malgré cette réapparition, le climat reste tendu alors que les groupes Jihadistes du JNIM ont menacé d’imposer un blocus sur tous les axes menant à la capitale. Ces attaques ont également entraîné la mort du Ministre de la Défense, Sadio Camara.

Les déclarations récentes du Général Assimi Goïta, faisant suite aux attaques coordonnées d’avril 2026, visent principalement à restaurer une image de contrôle et de stabilité au sein d’un appareil étatique fragilisé. En affirmant que la situation est « maîtrisée », le Chef de la Junte cherche à contrecarrer les récits de déstabilisation qui soutiennent que le pouvoir actuel est incapable d’assurer la sécurité, même dans la capitale.

Impact sur la stratégie sécuritaire

Les propos de Goïta soulignent une volonté de maintenir la doctrine militaire axée sur la souveraineté et l’interopérabilité au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette rhétorique sert plusieurs objectifs stratégiques :

• Dissuasion symbolique : À l’instar de ses prises de parole antérieures, Goïta tente de projeter une image de puissance capable de résister à des pressions internes et externes, cherchant à rassurer les populations tout en défiant ses adversaires.

• Justification du maintien au pouvoir : Dans un contexte d’insécurité persistante, les déclarations de résilience servent à justifier la prolongation de la transition et le rôle central de l’armée, malgré les critiques sur l’absence de retour à un ordre constitutionnel civil.

• Renforcement de l’unité interne : En qualifiant les attaques de signes de « désespoir » des groupes armés, le leader Malien tente de galvaniser le soutien populaire autour de l’armée, présentée comme le seul rempart contre le chaos.

Enjeux géopolitiques et régionaux

Les conséquences de ces déclarations dépassent les frontières Maliennes, s’inscrivant dans une compétition d’influence régionale plus large. L’offensive contre la Junte est perçue par certains analystes comme une tentative de démontrer la fragilité du modèle de rupture avec les anciennes puissances tutélaires. Par conséquent, les prises de parole du Général Goïta sont scrutées pour déceler tout signe de faiblesse, chaque apparition publique devenant un outil politique pour prouver que, malgré les revers et le deuil — notamment après la mort du Ministre de la Défense Sadio Camara —, l’appareil sécuritaire Malien reste fonctionnel.

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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