Politique Russe sur le Sahara Occidental

Par : Mohammed CHOUAKI

La Russie maintient une position constante en faveur d’une solution au conflit du Sahara Occidental sous l’égide de l’ONU, insistant sur le droit inaliénable du peuple Sahraoui à l’Autodétermination. Cette posture, réaffirmée par des responsables comme Sergueï Lavrov et Sergueï Verchinine, s’appuie sur les résolutions du Conseil de Sécurité et les principes de la Charte des Nations Unies. Lors d’un récent échange avec Staffan de Mistura, envoyé spécial de l’ONU, Moscou a salué les efforts internationaux pour une issue mutuellement acceptable.

Réception de délégations Sahraouies

Une délégation Sahraouie, menée par Mohamed Yeslem Beissat, Vice-Président de la Commission des Relations Extérieures du Front Polisario, a récemment rencontré des représentants Russes, dont Alexander Nikolaevich de la Douma et du Parti “Une Russie juste” à Moscou. Par ailleurs, une autre délégation conduite par Dr Ali Salem Mohamed Fadel a visité Saint-Pétersbourg pour un séminaire sur la communication, passant en revue les développements du dossier Sahraoui. Ces échanges soulignent la réaffirmation Russe de la nécessité d’une solution politique respectant l’Autodétermination.

Contexte diplomatique récent

En novembre 2025, après l’adoption de la résolution 2797, la Russie s’est abstenue au Conseil de Sécurité tout en critiquant le texte comme “déséquilibré”, réitérant son attachement au référendum d’Autodétermination. Le Ministère Russe des Affaires Etrangères a renouvelé son engagement pour une solution politique garantissant ce droit, en ligne avec les résolutions Onusiennes. Cette constance positionne Moscou comme un soutien aux efforts de l’ONU face aux positions plus autonomistes de certains acteurs.

La Russie s’est abstenue lors du vote de la résolution 2797 du Conseil de Sécurité de l’ONU, adoptée le 31 octobre 2025, qui prorogeait le mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2026. Vassili Nebenzia, Ambassadeur Russe à l’ONU, a justifié cette abstention par le caractère “déséquilibré” du texte Américain, accusant les États-Unis d’imposer leur agenda national sans chercher un vrai consensus international.

Critiques du texte

Les diplomates Russes ont reproché au document de refléter les priorités de Washington plutôt que les principes Onusiens, notamment en intégrant le plan d’Autonomie Marocain comme “seule base sérieuse” de négociations, au détriment du référendum d’autodétermination. Bien que des compromis de dernière minute aient été acceptés pour éviter un veto total et permettre le renouvellement du mandat de la MINURSO, Moscou a insisté sur l’inaltérabilité des fondements : le droit inaliénable du peuple Sahraoui à l’Autodétermination, conformément à la Charte de l’ONU.

Stratégie diplomatique

Cette abstention, partagée avec la Chine et le Pakistan, n’équivaut pas à un soutien au texte mais exprime un désaccord mesuré, préservant l’équilibre stratégique sans bloquer la mission Onusienne. La Russie maintient ainsi sa position historique pro-Autodétermination sans reconnaître la souveraineté Marocaine, évitant un affrontement direct tout en critiquant les biais pro-Marocains du projet Américain.

La Russie maintient une position équilibrée sur le Sahara Occidental, soutenant officiellement le rôle central de l’ONU pour une solution politique “mutuellement acceptable” conforme aux résolutions du Conseil de Sécurité et au droit à l’Autodétermination du peuple Sahraoui. Cette posture a été réaffirmée récemment par le Vice-Ministre Sergueï Verchinine lors d’un entretien avec Staffan de Mistura, malgré une abstention sur la résolution 2797 en octobre 2025, jugée déséquilibrée.

Déclarations récentes

En avril 2026, Moscou a reçu des délégations Sahraouies, réitérant la nécessité d’une issue respectant l’Autodétermination via un processus Onusien, lors de rencontres avec des représentants de la Douma et du Parti “Russie Unie”. Sergueï Lavrov a insisté en octobre 2025 sur des résolutions claires privilégiant ce droit inaliénable, tout en acceptant potentiellement des solutions légitimes validées par toutes les parties.

Évolution diplomatique

Malgré des signaux perçus comme un ouverture au plan d’autonomie Marocain (conditionné à un consensus ONU), la ligne Russe reste ancrée sur les principes de la Charte des Nations Unies, évitant une reconnaissance de la souveraineté Marocaine et préservant son influence au Maghreb. Cette constance, illustrée par des échanges bilatéraux réguliers, positionne la Russie comme un acteur clé sans blocage systématique des efforts Onusiens.

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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