Un actif de luxe bientôt dans le viseur d’investisseurs internationaux

Par : Mohammed CHOUAKI

Selon le journal Espagnol El Confidencial, l’Algérie a lancé la procédure de vente de l’hôtel El Palace de Barcelone pour un montant estimé à plus de 100 Millions d’Euros. Ce prestigieux établissement, situé en plein cœur de la Capitale Catalane, est devenu propriété de l’État Algérien en octobre 2025, via le Fonds National d’Investissement (FNI), après une longue procédure de récupération d’avoir détournés.

Le prix annoncé, largement supérieur aux 80 Millions d’Euros payés par l’homme d’affaires Algérien Ali Haddad en 2011, illustre la valeur considérable du bien et la stratégie de l’Algérie visant à convertir des actifs obtenus dans le cadre de la lutte contre la corruption en recettes financières.

Architecture et standing : un joyau balnéaire au cœur de Barcelone

Inauguré en 1919, El Palace est l’un des plus anciens hôtels de luxe de Barcelone, classé cinq étoiles et réputé pour son architecture historique mêlant art déco et style Barcelonais. Il occupe un emplacement stratégique, à quelques pas du célèbre Passeig de Gràcia, l’une des artères les plus prisées de la ville.

L’établissement s’étend sur environ 12 500 m², avec deux niveaux en sous‑sol, neuf étages, 125 chambres et suites haut de gamme, six grands salons destinés aux événements et un toit‑terrasse de 1 500 m² offrant une vue panoramique sur la métropole Catalane. Ce type d’infrastructure le place directement dans la catégorie des hôtels de luxe internationaux susceptibles d’attirer des fonds patrimoniaux ou des groupes hôteliers globaux.

Vers une finalité économique des actifs gelés

L’hôtel avait été acquis par Ali Haddad avec des fonds dont l’origine est jugée illicite dans le cadre des enquêtes antimafia et anti‑corruption menée en Algérie. La restitution de l’établissement à l’État Algérien, consacrée en 2025, constitue une étape symbolique dans la récupération des biens issus de détournements, mais aussi une opération juridique et financière complexe impliquant la reprise de dettes bancaires contractées initialement par l’ancien oligarque.

En le proposant à la vente pour plus de 100 millions d’Euros, Alger entend ainsi transformer un symbole de la corruption en une ressource financière pour le budget de l’État, tout en renforçant son image de pays engagé dans la réhabilitation de ses actifs à l’étranger. Pour les investisseurs, l’opération reste sensible, tant sur le plan juridique que médiatique, mais elle ouvre la porte à une requalification de l’hôtel dans le portfolio international de grands groupes hôteliers ou de fonds privés.

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

Auteur/autrice

Views: 5

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *