
Par : Mohammed CHOUAKI
L’Allemagne intensifie sa quête de diversification Gazière en visant de nouveaux contrats avec l’Algérie, après un premier accord majeur signé en 2024 avec Sonatrach et VNG pour des livraisons par Gazoduc. Récemment, le groupe VNG, soutenu par Berlin, cherche à augmenter ses importations de Gaz naturel Algérien, tandis que la Ministre de l’Économie Katherina Reiche loue les capacités d’Alger pour des volumes accrus.
Contexte Énergétique
Ce regain d’intérêt survient dans un contexte tendu de sécurité énergétique Européenne, post-Ukraine. Un contrat moyen terme lie déjà Sonatrach à VNG depuis mars 2025, marquant la première arrivée de Gaz Algérien par pipeline en Allemagne. La coopération s’étend aux énergies renouvelables et hydrogène vert via le partenariat stratégique Algéro-Allemand lancé en 2015.
Nouveaux Engagements
VNG veut “développer ses relations commerciales” avec l’Algérie, potentiellement via des accords élargis dès 2026. Berlin cible Alger comme fournisseur clé aux côtés de l’Azerbaïdjan, pour stabiliser ses approvisionnements. Des discussions récentes confirment une volonté commune de projets concrets en transition énergétique.
L’Algérie et l’Allemagne avancent sur plusieurs projets d’hydrogène vert pour renforcer leur partenariat énergétique. Ces initiatives s’inscrivent dans la diversification des approvisionnements européens et l’exploitation du fort potentiel solaire Algérien.
Projet Expérimental à Arzew
Un projet pilote de production d’hydrogène vert de 50 MW est en préparation sur le site Sonatrach à Arzew (Oran), financé en partie par 20 millions d’Euros Allemands. Lancé en 2024 lors de la visite de Robert Habeck, il servira de base pour des développements ultérieurs vers l’Europe.
Corridor SouthH2
Ce Gazoduc sous-marin reliera l’Algérie à l’Allemagne via la Tunisie, l’Italie et l’Autriche, pour exporter de l’hydrogène vert à grande échelle. Des évaluations avancent en 2025-2026, avec un groupe de travail bilatéral créé en février 2024.
Programme TaqatHy+
Projet de formation et renforcement des capacités locales sur l’hydrogène vert et les renouvelables, cofinancé par l’UE (28 M€) et l’Allemagne (13 M€) jusqu’en 2029. Il cible l’efficacité énergétique et la réduction des émissions, piloté par GIZ et le Ministère Algérien de l’Énergie.
Autres Discussions
Rencontres récentes avec Siemens Energy explorent des investissements dans l’hydrogène vert, les mines et le dessalement, en marge de l’Alliance ALTEH2A. Ces efforts positionnent l’Algérie comme exportateur clé pour l’Allemagne.
Le corridor SoutH2 est un mégaprojet de Gazoduc dédié à l’hydrogène vert reliant l’Afrique du Nord à l’Europe Centrale. Il vise à transporter jusqu’à 4 millions de tonnes par an d’ici les années 2030, en réutilisant plus de 65% d’infrastructures existantes pour réduire les coûts.
Itinéraire et Infrastructure
Ce pipeline de 3 300 km part d’Algérie et de Tunisie, traverse la Méditerranée vers l’Italie (Sicile via Mazara del Vallo), puis l’Autriche et l’Allemagne. Les opérateurs incluent Sonatrach, Snam (Italie), TAG et GCA (Autriche), et bayernets (Allemagne).
La carte illustre les centres de production (vert), de demande (bleu), le stockage (orange) et les tracés reliant Augusta à l’Allemagne du Sud.
Avancées Récentes
Reconnu “Projet d’Intérêt Commun” (PCI) par l’UE, il bénéficie d’un soutien penta latéral. Protocole d’accord signé en juillet 2024 à Alger pour études de faisabilité ; déclaration politique en Italie en janvier 2025 ; rencontre de coordination prévue à Alger en mars 2026. Ce corridor s’aligne sur Repéré pour 40% des importations d’hydrogène de l’UE.
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille
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