
Par : Mohammed CHOUAKI
L’Algérie vient de lancer officiellement les appels d’offres pour un projet ferroviaire structurant dans le Sud du pays, estimé à plus de 2,6 Milliards de Dollars (environ 350 Milliards de Dinars). Ce montant couvre la construction d’une nouvelle ligne, l’acquisition de matériel roulant, ainsi que plusieurs gares et ouvrages d’art.
Nature du projet
Le chantier porte sur la ligne Laghouat–Ghardaïa–El Ménéa, intégrée dans le vaste programme de développement du réseau ferroviaire national qui vise à porter la longueur du réseau de 4 000 à 10 000 km d’ici 2030. Cette ligne est conçue à la fois pour le transport de passagers et de marchandises, avec un accent sur la desserte des zones Sahariennes et Transfrontalières futures (jusqu’à Tamanrasset puis la frontière Nigérienne).
Encadrement financier et technique
Le financement mobilise des fonds publics nationaux et un appui important de la Banque Africaine de Développement (BAD), qui accorde un prêt d’environ 747 Millions de Dollars pour cette ligne, avec un horizon de remboursement étalé sur une dizaine d’années. La mise en œuvre est pilotée par l’Agence Nationale des Etudes et de Suivi des Investissements Ferroviaires (ANESRIF), qui supervise les études, la passation des marchés et la supervision des travaux.
Signification stratégique
Ce projet s’inscrit dans la « Révolution Ferroviaire » annoncée par Alger, qui prévoit plus de 20 Milliards de Dollars d’investissements dans le rail pour désenclaver le Sud, relier les mines et les zones productrices, et renforcer l’intégration régionale. Sur le plan économique, il vise à réduire la dépendance à la route, abaisser les coûts de transport et accompagner les projets d’exploitation minière et industriels dans les régions profondes.
À ce stade, il n’existe pas encore de liste officielle rendant publique quelles entreprises vont remporter les contrats ferroviaires Algériens de plus de 2,6 Milliards de Dollars ; les appels d’offres sont en cours ou très récents, et l’ANESRIF n’a pas encore annoncé d’attribution formelle. En revanche, on peut raisonnablement identifier les catégories de groupes candidats les plus plausibles, à partir du type de projet (Laghouat–Ghardaïa–El Ménéa) et des pratiques récentes en BTP ferroviaire en Algérie.
Grands groupes nationaux Algériens
• Entreprises Publiques du BTP et du ferroviaire :
Entreprises publiques comme Entreprise de Travaux Publics (ETP), Entreprise de Construction et de Travaux Publics Sonatrach (ECTP), Hydra ou encore des filiales du groupe Cevital figurent souvent parmi les principaux concurrents sur les gros chantiers ferroviaires et hydrauliques.
• Groupes de travaux publics privés :
Des sociétés comme Sopreal, Sogéa-Satom, BTPS ou d’autres grandes sociétés de travaux publics Algériennes disposent de capacités techniques et financières suffisantes pour participer à des lots de génie‑civil et génie‑civil‑ferroviaire.
Groupes internationaux avec expérience en Algérie
• Ferroviaires Européens :
Les filiales locales ou groupements avec des groupes Français (comme Bouygues, Eiffage, Vinci, Razel‑Bec) ou Espagnoles (comme ACS, Ferrovial) ont déjà réalisé des lignes secondaires ou segments de grandes lignes en Algérie et restent des candidats crédibles, surtout pour les lots « gros œuvre » et ingénierie.
• Groupes spécialisés en rail :
Des acteurs comme Alstom, Siemens Mobility, Stadler ou leurs partenaires locaux pourraient être en lice pour les lots de matériel roulant et de signalisation / électrification, comme dans les projets de trains régionaux ou de trams récents.
Groupes du Sud et partenaires Chinois/Turcs
• Chinois et Turcs :
Des groupes Chinois (filiales locales de CRCC, China Railway International, etc.) et Turcs (comme Tekfen, Yapi Merkezi) ont déjà participé à des projets de voirie, de logistique et d’infrastructures en Algérie ; leur présence est probable sur certains lots techniques ou en groupement avec des sociétés Algériennes.
• Conseils et ingénierie :
Des cabinets d’études et de supervision (Européens ou locaux) peuvent être retenus pour les lots de maîtrise d’ouvrage déléguée, contrôle‑technique, supervision et études environnementales, comme observé dans d’autres projets supervisés par l’ANESRIF.
Critères de sélection probables
Les gagnants seront très probablement sélectionnés sur la base :
• d’une capacité financière importante (caution bancaire, bilans solides ou groupements),
• d’une expérience avérée sur grands ouvrages ferroviaires (gares, tunnels, viaducs, voies à grande vitesse ou lignes secondaires),
• d’une offre économique compétitive tout en respectant les normes techniques et environnementales exigées par l’ANESRIF et l’État Algérien.
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