Algérie-Belgique : deux accords signés sur la réadmission et les visas

Par : Mohammed CHOUAKI

Deux accords Algéro‑Belges ont été signés en mars 2026 à Bruxelles entre le Ministre Algérien des Affaires Etrangères, Ahmed Attaf, et ses homologues Belges, dont un sur la réadmission et un autre sur les visas.

Accord de réadmission

L’accord de réadmission vise à permettre à la Belgique de renvoyer les Algériens en séjour irrégulier vers l’Algérie, dans le cadre d’un dispositif de retours organisés. Concrètement, Alger s’engage à accepter la réadmission de ses ressortissants expulsés, et l’accord prévoit notamment la prolongation de la validité du document de voyage (laissez‑passer) délivré par l’Algérie de 1 à 30 jours pour faciliter ces retours.

Accord sur l’exemption de visa

Le second accord porte sur l’exemption de visa pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service, ce qui simplifie les déplacements officiels entre les deux pays. Les autorités Belges soulignent que la signature de ces deux textes en parallèle traduit une volonté de renforcer la confiance et la coopération bilatérale, notamment dans les domaines de la migration et des relations diplomatiques.

Contexte politique et migratoire

La Belgique rappelle que, en 2025, environ 2 251 Algériens ont reçu un ordre de quitter le territoire, mais seulement 85 ont été effectivement expulsés vers l’Algérie, ce qui justifie la recherche d’un cadre plus contraignant et prévisible. L’accord de réadmission s’inscrit dans une logique plus large de la Belgique qui privilégie la voie diplomatique pour gérer les retours forcés, tout en maintenant une coopération sur les flux migratoires et la sécurité des frontières.

Les deux accords Algérie‑Belgique sur la réadmission et les visas n’ont a priori pas d’effet direct sur les conditions générales de délivrance des visas ordinaires (tourisme, visite, études, travail court‑séjour) pour les Algériens, mais ils peuvent influencer la pratique et la politique migratoire belge vis‑à‑vis des demandeurs Algériens.

Ce qui ne change pas (en principe)

• L’accord de réadmission porte sur le retour des Algériens en séjour irrégulier ou expulsés, pas sur les règles d’entrée au titre des visas Schengen courants.

• L’accord sur les passeports diplomatiques et de service concerne uniquement les catégories officielles (diplomates, agents d’État), et non les visas ordinaires pour les particuliers.

Ce qui pourrait évoluer en pratique

• Une coopération plus étroite en matière de réadmission peut inciter la Belgique à renforcer la sélectivité dans les demandes de visas (exigences accrues de preuves du retour, de fonds, de liens avec l’Algérie) pour limiter les risques de séjour irrégulier.

• Si l’Algérie devient plus coopérative pour les retours, cela peut, dans un second temps, alléger un peu la pression politique sur les flux migratoires et déboucher sur un traitement plus fluide pour certains profils (étudiants, travailleurs qualifiés, familles), mais cela dépend surtout de la stratégie migratoire Belge et de l’UE.

En résumé, pour l’usager Algérien moyen, les règles formelles des visas Schengen ordinaires restent celles de l’UE et des postes Belges à Alger, mais les décisions concrètes (taux de refus, durée des délais, exigences de preuves) peuvent être légèrement durcies ou assouplies selon la confiance politique renouvelée entre les deux pays.

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