Hommage au Président Liamine Zéroual : Un parcours au service de l’Algérie

Par : Abdelkader Reguig

‎﷽‏‎. البقاء لله‏‎(( يَا أَيَّتُهَا النَّفْسُ الْمُطْمَئِنَّةُ ارْجِعِي الى ربك رَاضِيَةً مَرْضِيَّةً فَادْخُلِي فِي عِبَادِي وَادْخُلِي جَنَّتِي ))

Fils de l’Aurès, né le 3 juillet 1941 à Batna au sein d’une famille aux racines berbères des Nememcha, Liamine Zéroual incarne un destin lié à celui de l’Algérie.

Très tôt, à l’âge de 16 ans, il rejoint les rangs de l’Armée de Libération Nationale (ALN) en 1957, s’engageant avec courage dans la lutte pour l’indépendance. Cette jeunesse forgée dans l’action et le sacrifice annonce déjà une vie de devoir et de discipline.

Après l’indépendance, son parcours militaire le mène des écoles du Caire et de Moscou à l’École de guerre de Paris. Commandant d’écoles d’application, chef de régions militaires à Tamanrasset, Béchar et Constantine, puis Général à la tête des forces terrestres, il se distingue par son expertise et sa rigueur. En 1988 il est élu membre du Comité Central du Parti FLN. Lors de cette désignation, je me suis retrouvé en tant qu’élu, placé par ordre alphabétique entre deux Généraux : Yahya Rahal, Abdelkader Reguig et Liamine Zeroual.

Carté un temps de la scène militaire, il est nommé en Ambassadeur en Roumanie. Quelques mois après il quitte Bucarest. En juillet 1993 il est rappelé comme Ministre de la Défense Nationale, dans un contexte où l’Algérie traverse une période sombre marquée par la violence et l’instabilité. Homme de dialogue, il tente alors une voie de rapprochement avec les différentes forces politiques, y compris avec les dirigeants du FIS emprisonnés, cherchant une solution consensuelle à la crise qui secoue le pays.

C’est en tant que figure de compromis, à la fois respectée par les partisans du dialogue et les « éradicateurs », qu’il est désigné le 30 janvier 1994 à la tête de l’État pour une période de transition de trois ans.

En 1995, il organise la première élection Présidentielle pluraliste de l’histoire de l’Algérie, un pari audacieux qu’il remporte avec 61,3 % des voix. Cette élection marque un tournant, réaffirmant la voie démocratique et la légitimité des institutions face à la violence terroriste.

Président de plein exercice, il poursuit une politique de lutte sans merci contre le terrorisme tout en engageant des réformes majeures. Sous son impulsion, la Constitution de 1996 renforce les pouvoirs du Président et instaure un cadre institutionnel stable. La création du Rassemblement National Démocratique (RND) en 1997 vise à structurer une majorité Présidentielle solide.

Son mandat est également marqué par une affirmation de la souveraineté nationale. En réponse aux tensions avec le Maroc, il prend la décision ferme de fermer la frontière terrestre entre les deux pays, une mesure qui perdurera, témoignant de son intransigeance sur les questions de dignité et d’intégrité territoriale de l’Algérie.

Soucieux des institutions et de l’avenir du pays, il choisit de se retirer en septembre 1998, annonçant une élection Présidentielle anticipée à laquelle il ne se présente pas.

En avril 1999, il assure la première passation pacifique et constitutionnelle entre deux Présidents élus de l’histoire de l’Algérie, un geste de haute responsabilité qui marque sa conception de l’État.

Même après son départ de la Présidence, sa voix reste écoutée. En 2013, des rumeurs le placent comme successeur potentiel, mais il refuse de se présenter. En 2014, il s’oppose publiquement au quatrième mandat, dénonçant une révision constitutionnelle qui, selon lui, a compromis le processus de redressement national. Plus récemment, lors du mouvement populaire de 2019, il est approché pour jouer un rôle de transition, mais il décline, restant fidèle à ses principes. Son geste de solidarité durant la pandémie de coronavirus, faisant don d’un mois de sa pension de retraite, témoigne d’une humilité constante.

Liamine Zéroual restera dans la mémoire collective comme un homme de devoir, un chef militaire intègre et un président qui, dans les heures les plus sombres, a tenu le cap de l’État, organisé le retour à la légalité démocratique et su, au moment opportun, passer le témoin pour préserver l’unité nationale. Son parcours, des maquis de l’Aurès au palais d’El Mouradia, est celui d’un serviteur de l’Algérie, guidé par le sens de l’honneur et la constance.

إنا لله وإنا إليه راجعون،

الله يعظم أجركم في فقيدكم، ويحسن عزاءكم و يرزقكم الصبر و السلوان »

Par : Abdelkader REGUIG – Oran

Contact: orarexe@gmail.

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