
Par : Abdelkader Reguig
Il y a 52 ans, le monde assistait, médusé, à une scène dont il ne mesurait pas encore toute la portée. Au bureau des Nations Unies, une annonce retentit : Boumediene arrive. Dans la salle, un homme scrute l’entrée. Il regarde à droite, puis à gauche. Soudain, l’ordre est donné, sec, sans équivoque : « Boumediene arrive, levez-vous ».
Ce n’était pas de la simple courtoisie protocolaire. C’était la reconnaissance, par la communauté internationale, de la stature d’un homme qui ne venait pas mendier, mais s’imposer. Habillé d’un costume sobre « Sonitex », de la tête aux pieds, il était l’incarnation même de l’Algérie nouvelle : digne, indépendante, refusant de chercher l’approbation de quiconque.
Accompagné du Secrétaire Général des Nations Unies, Kurt Waldheim, Boumediene traversa l’Assemblée. À un moment, un homme marcha devant lui. Le Secrétaire Général l’invita à s’écarter d’un geste ferme : on ne marche pas devant Boumediene. Ce jour-là, délégation après délégation, toute la salle se leva. Ce geste, rare, ne s’est reproduit depuis que dans les annales de la diplomatie. Le Président de l’Assemblée lui-même descendit pour accueillir le Président Algérien. Ce n’était pas une simple image, c’était un message politique d’une rare intensité.
Le discours qui a changé le monde
Le 10 avril 1974, Houari Boumedienne prononça devant l’Assemblée Générale un discours historique, en Arabe. Un choix hautement symbolique qui consacrait la reconnaissance de la langue et de l’identité Algériennes sur la scène internationale, loin du prisme colonial.
Mais le fond du discours allait encore plus loin.
Boumediene y défendait l’instauration d’un Nouvel Ordre Économique International (NOEI) . Il dénonçait avec une clarté fulgurante le système capitaliste qu’il qualifiait de colonialiste, exigeant une répartition équitable des richesses. Il plaçait le développement du Tiers-monde au cœur des débats, revendiquant pour les pays en développement le droit imprescriptible de contrôler leurs ressources naturelles, notamment le pétrole.
Pour lui, la souveraineté économique était indissociable de la souveraineté politique. Un message qui résonne étrangement avec les défis d’aujourd’hui.
TEBBOUNE : sur les traces d’une souveraineté retrouvée
À l’époque, Boumediene avait alerté sur les insuffisances structurelles : les céréales dont les prix flambaient, les intrants agricoles (les engrais), et la nécessité de maîtriser les mines. Il appelait à bâtir une nation forte, libérée de la dépendance.
Près d’un demi-siècle plus tard, beaucoup de cadres Algériens m’ont interpellé suite à mon dernier article L’Algérie sous Abdelmadjid TEBBOUNR : « Une puissance stratégique confirmée par deux rapports internationaux. » Ils m’ont confié, avec une certaine fierté : « Regarde, le Président Abdelmadjid TEBBOUNEe est sur les traces de Boumediene. »
Et force est de constater qu’ils n’ont pas tort.
Aujourd’hui, l’Algérie sous Abdelmadjid TEBBOUNE s’attaque méthodiquement aux mêmes maux stratégiques. Là où Boumediene pointait la question des céréales et de la souveraineté alimentaire pour une Algérie de 1974 -15 millions d’habitants, TEBBOUNE a fait de la sécurité alimentaire un pilier de sa politique pour 45 millions d’habitants. La bataille des céréales, la régulation du marché de la pomme de terre, la réactivation des mines et la relance de la production des intrants agricoles sont au cœur de l’action.
Sur le plan extérieur, la continuité est frappante. La politique étrangère de l’Algérie d’aujourd’hui est résolument ancrée dans le non-alignement actif. Ce principe cher à Boumediene, qui refusait de subir la bipolarisation de la guerre froide, est aujourd’hui réadapté par TEBBOUNE dans un monde multipolaire. L’Algérie ne choisit pas un camp ; elle impose son poids comme une puissance d’équilibre.
Une puissance confirmée, des critiques balayées
Récemment, deux rapports – l’un Américain, l’autre Anglais – sont venus balayer, par leur objectivité même, les critiques infondées que certains tentent encore d’alimenter contre notre pays.
Ces documents stratégiques démontrent ce que les Algériens savent déjà : sous la conduite du Président Abdelmadjid TEBBOUNE, et de son vice-Ministre de la défense le Général d’Armée Chanegriha l’Algérie incarne une puissance d’équilibre. En alliant souveraineté militaire affirmée, stabilité régionale active et partenariats diversifiés, notre pays s’impose respectueusement comme un acteur central et incontournable sur l’échiquier international.
L’image du défunt Président à l’ONU en 1974 n’est pas qu’un souvenir. Elle est un modèle. C’est celle d’une Algérie qui ne demande pas, mais qui s’impose. C’est cette constance dans la fierté, cette continuité dans la souveraineté, que nous voyons aujourd’hui incarnée par Abdelmadjid TEBBOUNE.
L’histoire ne se répète pas toujours, mais elle se répond. 52 ans après le regard tranchant de Boumediene qui figea le monde, l’Algérie, sous un nouveau commandement, renoue avec cette partition : celle de la grandeur.
L’Algérie n’est pas venue demander. Elle est venue s’imposer. Hier comme aujourd’hui.
Par : Abdelkader Reguig – Oran
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