
Par : Mohammed CHOUAKI
À l’issue de sa rencontre avec Giorgia Meloni à Alger le 25 mars 2026, le Président Abdelmadjid TEBBOUNE a formulé plusieurs annonces et messages clés sur la relation Algéro‑Italienne.
Partenariat stratégique renforcé
TEBBOUNE a souligné que l’Algérie et l’Italie partagent un « partenariat stratégique et fiable », notamment dans l’énergie, la sécurité et l’économie, et qu’il a été réaffirmé au cours de la visite. Il a insisté sur la volonté de consolider davantage les relations bilatérales à long terme, jugées « solides et stables » après plusieurs années de coopération accrue.
Gaz et énergie
Le Chef de l’État a rappelé que l’Algérie s’engage à honorer ses engagements en gaz à destination de l’Italie et de l’Europe, en les présentant comme un « partenaire stratégique et fiable » dans le contexte de la sécurité énergétique. Les discussions ont visé à « consolider » les flux Gaziers existants et à explorer de nouveaux axes de coopération, dans le cadre du rapprochement déjà amorcé depuis le sommet de Rome en 2025.
Coopération dans la sécurité et l’immigration
TEBBOUNE et Meloni ont réaffirmé leur coordination dans la lutte contre « l’immigration clandestine, la traite des êtres humains et la criminalité organisée », mettant l’accent sur la nécessité de solutions communes et de coopération opérationnelle. Les deux Chefs d’État ont également exprimé leur préoccupation face aux défis sécuritaires au Sahel et en Afrique du Nord, en appelant à des efforts conjoints contre le terrorisme.
Dossiers régionaux et internationaux
Sur le Moyen‑Orient, TEBBOUNE a demandé un « arrêt immédiat des escalades » et plaide pour le recours au dialogue et à la diplomatie, notamment sur la crise entre Israël et le Hamas. Concernant la Libye, il a réitéré l’appel à des solutions urgentes conformes aux efforts de l’ONU, afin de sortir le pays de l’impasse politique et sécuritaire.
Dimension économique et culturelle
Les deux dirigeants ont convenu d’accélérer la création d’une Chambre de commerce Algéro‑Italienne, destinée à dynamiser les échanges économiques et les investissements. Ils ont également évoqué la volonté de renforcer la coopération dans les domaines culturel, scientifique et humanitaire, afin de consolider les liens entre la société civile Algérienne et Italienne.
Les accords énergétiques Algérie–Italie constituent aujourd’hui un pilier du partenariat stratégique entre les deux pays, avec une forte emphases sur le gaz, la transition énergétique et les interconnexions électriques.
Gaz et sécurité d’approvisionnement
Au cœur du dispositif figure un protocole d’accord entre Sonatrach et ENI, signé à Rome lors du 5ᵉ sommet intergouvernemental (juillet 2025), qui vise à renforcer la sécurité d’approvisionnement de l’Italie et à prolonger les contrats d’exportation au‑delà de 2027. Ce cadre prévoit de nouveaux investissements en amont (exploration‑production) et l’augmentation de la production de gaz en Algérie afin de garantir des volumes supplémentaires vers l’Italie, notamment via le gazoduc Transmed / Transmed.
Accords sur l’hydrogène et les renouvelables
Les accords reprennent aussi une coopération sur l’hydrogène vert et les énergies renouvelables, avec des mémorandums visant à développer des projets communs dans ces domaines. L’Algérie se positionne comme un futur fournisseur d’énergie solaire et d’hydrogène vert vers l’Europe, en utilisant l’Italie comme « hub » énergétique de transit, dans le cadre de corridors comme South H2 Corridor.
Interconnexions électriques (Medlink)
Un accord spécifique a été conclu autour du projet Medlink, une interconnexion électrique de grande capacité entre l’Algérie et l’Italie, permettant potentiellement l’exportation d’électricité Algérienne (notamment à base de renouvelables) vers le marché Européen via le réseau italien. Ce projet entre dans la logique de « corridor énergétique » et de diversification des flux d’électricité entre les deux rives de la Méditerranée.
Projets structurants (Enrico Mattei / Sidi Bel Abbès)
Les deux pays ont également acté le développement de projets structurants comme le complexe « Enrico Mattei » à Sidi Bel Abbès, qui doit servir de plateforme de production et de stockage énergétiques pour exporter vers l’Europe. Ce projet renforce la vision d’une Algérie‑Italie comme couple central de la chaîne énergétique méditerranéenne, combinant gaz, électricité verte et hydrogène.
Le « projet Enrico Mattei » dont il est question en Algérie désigne principalement un grand centre régional de formation, recherche et innovation agricole à Sidi Bel Abbès, porté dans le cadre du Plan Mattei (Italie‑Afrique) et non une simple infrastructure industrielle.
Portée et objectifs du projet
Le Centre « Enrico Mattei » à Sidi Bel Abbès s’inscrit dans la stratégie agricole et de développement rural du pays, en visant la formation de cadres, la recherche appliquée et la mise au point de technologies adaptées aux grandes cultures (notamment céréalières) et à l’agriculture aride. Il doit aussi servir de plateforme de coopération Algéro‑Italienne dans le domaine agricole, en lien avec les projets pilotes du Plan Mattei déployés en Afrique du Nord.
Calendrier et état d’avancement
Les discussions officielles indiquent que le projet est déjà en phase d’évaluation et de structuration, avec un suivi régulier par les autorités Algériennes et Italiennes, mais sans calendrier public détaillé (année de lancement, durée totale, dates de livraison étape par étape). Les annonces récentes confirment que le Président TEBBOUNE suit le rythme de la concrétisation de ce centre, qui est considéré comme structurant dans le cadre du Plan Mattei, mais les sources disponibles ne précisent pas d’échéancier précis ni de budget chiffré.
En résumé, le projet Enrico Mattei en Algérie est un centre agricole de formation et de recherche à Sidi Bel Abbès, calé dans le Plan Mattei Italie‑Afrique, déjà en cours de structuration sans calendrier officiellement détaillé disponible à ce jour.

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