
Par : Mohammed CHOUAKI
Laurent Nuñez utilise cette formule comme titre d’une intervention lors de l’« Iftar des Ambassadeurs » à la Grande Mosquée de Paris, où il est revenu sur sa récente visite à Alger et la relance du dialogue sécuritaire avec l’Algérie.
Contexte du déplacement à Alger
• Laurent Nuñez, Ministre Français de l’Intérieur, s’est rendu à Alger mi‑février 2026 pour deux jours, afin de faire baisser la tension bilatérale et relancer une coopération sécuritaire de « très haut niveau » avec les autorités Algériennes.
• Il a rencontré notamment son homologue Saïd Sayoud, ainsi que le Président Abdelmadjid TEBBOUNE, dans un contexte de brouille profonde depuis 2024 (Sahara Occidental, blocage des réadmissions, cas de détenus sensibles, etc.)
Ce que « son déplacement lui a appris »
Même si le texte intégral de l’article de L’Algérie Aujourd’hui n’est pas accessible, on peut dégager les axes qu’il met en avant dans ses déclarations publiques récentes :
• L’importance de la reprise d’un canal de dialogue technique puis politique : il insiste sur un « état d’esprit très constructif » et la nécessité de rouvrir les canaux de sécurité avec un partenaire jugé majeur dans la lutte antiterroriste.
• La centralité de la souveraineté et de l’égalité dans la relation : côté Algérien, la reprise ne peut se faire que « d’égal à égal », sans condescendance, avec un rappel des lignes rouges sur la souveraineté et la mémoire.
• La limite de la stratégie du bras de fer : Nuñez se démarque de son prédécesseur Bruno Retailleau en assumant une approche de dialogue, considérant que la confrontation n’a pas produit de résultats concrets sur les dossiers sécuritaires et migratoires.
• Le poids du dossier mémoriel comme baromètre de confiance : Alger rappelle que la reconnaissance des blessures du passé reste un préalable à un partenariat apaisé, ce que Nuñez semble avoir mesuré dans la manière dont il présente désormais la relation.
Enjeux bilatéraux derrière ce discours
• Sécurité : terrorisme Sahélien, coopération renseignement, narcotrafic et criminalité organisée sont au cœur des échanges, avec la volonté Française de réenclencher des mécanismes opérationnels gelés.
• Migration et réadmissions : Paris cherche un « bougé » d’Alger sur les OQTF et le retour de ressortissants, un point hautement sensible que la visite n’a pas totalement dénoué mais qu’elle remet dans un cadre de négociation.
• Climat politique et économique : cette reprise sécuritaire sert aussi de signal de dégel plus large, alors que milieux économiques et une partie des milieux diplomatiques poussent à la normalisation.
Illustration synthétique des positions

En somme, l’intitulé « Ce que mon déplacement à Alger m’a appris » renvoie à un récit où Nuñez met en scène sa propre prise de conscience de ces contraintes (souveraineté, mémoire, égalité) et la nécessité d’un dialogue patient pour reconstruire une relation sécuritaire utile aux deux capitales.

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