Grande Mosquée de Tlemcen en Français, ou Djamaa el-Kebir (جامع الكبير)

Par : Mohammed CHOUAKI
La Grande Mosquée de Tlemcen < Grande Mosquée de Tlemcen en Français, ou Djamaa el-Kebir (جامع الكبير) >,
joyau architectural de l’Algérie, a été initiée vers 1082-1102 et considérablement agrandie en 1136 sous les Almoravides, avant des remaniements majeurs au XIIIe siècle.
Origines et construction initiale
La Mosquée fut fondée par l’Emir Almoravide Youssef ibn Tachfin vers 1082 lors de la création de Tagrart (l’actuelle Tlemcen), sur les ruines de l’ancienne ville d’Agadir.
À l’origine, il s’agissait d’un modeste lieu de prière édifié autour de 1102, utilisant pierre, brique et plâtre, avec des décors en marbre, plâtre sculpté et bois. Son fils, Ali ibn Yusuf, l’agrandit en 1136, ajoutant notamment la célèbre coupole au-dessus du mihrab, ornée d’inscriptions datées de cette année – bien que le nom de l’Emir y ait été effacé, peut-être par les Almohades ultérieurs.
Extensions zianides au XIIIe siècle
En 1236, le sultan Zianide Yaghmorasen ibn Zyan (Yaghmoracen) transforma radicalement l’édifice, lui donnant sa forme actuelle avec sept nefs, une grande cour carrée de 20 mètres de côté pavée de marbre et entourée de portiques. Il érigea le minaret emblématique, une tour quadrangulaire raffinée en briques avec panneaux losangés sur arcs et colonnettes de marbre, dominant le bassin des ablutions. Des ajouts comme une bibliothèque et des lustres enrichirent les installations sous les souverains Zianides successifs.
Architecture et style Almoravide
Cette Mosquée est l’un des rares vestiges Almoravides en Algérie, avec celles d’Alger et Nedroma. Son plan irrégulier (60×50 mètres) inclut treize nefs perpendiculaires au mur qibla, coupées en six travées, et une cour désaxée par rapport au mihrab. Le décor mêle céramique, plâtre ajouré et bois, reflétant l’art Maghrébin avec influences Andalouses : arcs en fer à cheval, motifs géométriques et calligraphie koufique. Le minaret, ajouté en 1236, surmonte un lanternon et évoque les modèles Marocains contemporains.
Évolution à travers les siècles
Remaniée sous les Mérinides et Ottomans, la Mosquée résista aux invasions et servit de centre spirituel et culturel à Tlemcen, capitale Zianide rivale de Fès et Tunis.
Au XXe siècle, elle fut classée en 1904 et restaurée pour préserver son authenticité. Traversant Almohades, Zianides, Espagnols et Français, elle incarne la continuité Islamique Maghrébine malgré les modifications topographiques et politiques.
Importance patrimoniale actuelle
Aujourd’hui, classée monument historique, elle attire chercheurs et touristes pour son rôle dans l’histoire Almoravide et Zianide, illustrant les échanges entre l’Algérie, le Maroc et Al-Andalus. Symbole de Tlemcen la “Perle du Maghreb”, elle reste un lieu de culte actif, témoignant de plus de neuf siècles d’histoire. Des études récentes soulignent son influence sur l’architecture Islamique régionale
La Grande Mosquée de Tlemcen a subi des restaurations au XXe siècle principalement sous l’administration coloniale Française, après son classement comme monument historique en 1904. Ces travaux visaient à préserver son authenticité architecturale Almoravide et Zianide.
Classement et premières restaurations
En 1904, la Mosquée fut officiellement classée monument historique par les autorités Françaises, marquant le début d’interventions structurées pour consolider ses structures anciennes. Des travaux de consolidation et de nettoyage ont été entrepris au début du siècle pour stabiliser le minaret et la coupole du mihrab, endommagés par le temps et les séismes mineurs.
Travaux sous protectorat
Dans les années 1920-1930, des restaurations plus approfondies ont été réalisées sous la direction des services des Monuments historiques d’Algérie, incluant la réparation des portiques de la cour et la restauration des décors en plâtre sculpté. Ces interventions ont utilisé des techniques contemporaines pour rétablir les arcs en fer à cheval et les motifs koufiques, tout en respectant les phases originales de 1136 et 1236.
Rénovations post-indépendance
Bien que le XXe siècle se termine avant l’indépendance algérienne en 1962, des efforts de maintenance ont continué jusque dans les années 1950, focalisés sur la toiture en bois et le bassin des ablutions pour assurer sa fonctionnalité comme lieu de culte. Ces restaurations ont permis à la mosquée de traverser le siècle en conservant son rôle central à Tlemcen.
La Grande Mosquée de Tlemcen reste accessible aujourd’hui comme lieu de culte actif et site touristique majeur, avec des visites guidées pour respecter son statut religieux. En 2026, les pratiques sont stables, centrées sur le matin en semaine.
Horaires et accès
Les visites sont possibles tous les jours de 8h à 11h, sauf le vendredi (jour de prière collective). La Mosquée est ouverte 24h pour les fidèles, mais les touristes doivent arriver tôt pour éviter les prières et obtenir un guide obligatoire fourni sur place.
Conseils pratiques
Portez des vêtements couvrants (épaules, genoux) et enlevez vos chaussures à l’entrée ; les femmes peuvent se voiler sur place. L’adresse est VMMQ+FRJ, Tlemcen 13000, au cœur du centre-ville près du Mechouar et du musée des arts ; parking limité, privilégiez les taxis ou bus locaux.
Itinéraire recommandé
Entrez par la porte principale sur la grande place pour admirer la cour carrée, le minaret et la salle de prière. Montez les 133 marches du minaret si autorisé (29m de haut). Durée : 45-60 minutes ; gratuit ou modique (guide ~200-500 DZD).

Views: 14