< Mehdi Khalaji > : explique que < L’ensemble du système Iranien va devenir plus militarisé >

Par : Mohammed CHOUAKI

Mehdi Khalaji, expert en politique Iranienne au Washington Institute, analyse la militarisation croissante du régime Iranien comme une évolution structurelle sous Khamenei. Il explique que le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (IRGC) domine désormais les institutions clés, y compris judiciaires, économiques et sécuritaires, au détriment du clergé traditionnel. Selon lui, cette dynamique transforme l’ensemble du système en une entité plus militarisée, où la survie du régime prime sur l’idéologie révolutionnaire initiale, via un contrôle accru de la violence et des proxies régionaux.

La militarisation accrue du régime Iranien, telle qu’analysée par Mehdi Khalaji, expose ce dernier à plusieurs risques structurels majeurs. Elle accentue la dépendance vis-à-vis du Corps des Gardiens de la Révolution (IRGC), fragilisant les équilibres internes et favorisant les dissensions au sein des élites. Elle risque aussi d’exacerber les tensions régionales et d’inviter des interventions étrangères, tout en érodant davantage la légitimité populaire du régime face à une population déjà contestataire.

Risques internes

• Fatigue sécuritaire : Le recours à des forces supplétives étrangères ou paramilitaires révèle une érosion de la loyauté des unités internes, augmentant le danger de défections ou de réticences face à la répression létale.

• Instabilité économique : La domination des Pasdarans sur l’économie détourne les ressources des besoins civils, aggravant l’inflation et l’effondrement du rial, ce qui alimente les soulèvements populaires.

• Risque de chaos interne : Une sur militarisation pourrait mener à une guerre civile, surtout dans les périphéries Ethniques comme le Kurdistan ou le Baloutchistan, où le contrôle repose sur une répression intensive.

Risques externes

• Escalade régionale : L’usage de proxies (Houthis, milices Irakiennes) et la menace sur le détroit d’Ormuz isolent davantage l’Iran, exposant le régime à des frappes israéliennes ou américaines en riposte.

• Perte de légitimité : Cette stratégie militariste transforme le régime en un “État paria”, minant ses prétentions à une gouvernance consensuelle et favorisant une déstabilisation à l’image de l’Irak post-2003.

• Vulnérabilité stratégique : Face à des soulèvements comme celui de janvier 2026, la militarisation interne révèle une paralysie, rendant le système plus fragile qu’il n’y paraît.

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