
Par : Mohammed CHOUAKI
Il est des actes qui en disent long sur l’état du débat public. Au Kremlin-Bicêtre, les affiches de campagne de Toufik Khiar, candidat aux Municipales, ont été recouvertes d’insultes racistes. Ce geste n’est pas seulement une dégradation matérielle ; c’est une blessure infligée à la République, à son idéal d’égalité, et à toute une ville connue pour sa diversité.
Dans sa réaction, Toufik Khiar parle avec justesse d’une attaque collective. Ce n’est pas seulement le nom d’un homme qui a été souillé, mais celui de toutes les familles kremlinoises qui refusent d’être cataloguées, hiérarchisées, ou désignées par des origines. Ses mots résonnent comme un cri de dignité : “Quand on banalise les mots, on prépare les actes.”
La libération des haines ordinaires
Ce qui se joue ici dépasse la simple bataille électorale. Depuis plusieurs années, le climat politique national et local s’imprègne dangereusement d’un discours décomplexé. Les insinuations, les rumeurs sur l’origine ou la religion supposée de tel ou tel, deviennent des armes insidieuses.
Et chaque fois que les responsables politiques se taisent face à ces dérapages, ils participent, par leur silence, à la banalisation de la haine.
Au Kremlin-Bicêtre, cette libération des haines ordinaires prend désormais un visage concret : celui de graffitis infâmes sur les murs de la démocratie. Le geste est lâche, mais il dit une chose : les fractures identitaires gangrènent jusqu’à la vie municipale, là où l’intérêt commun devrait primer.
Une épreuve révélatrice
Face à cette ignominie, la réponse de Toufik Khiar tranche par sa hauteur de vue. Plutôt que de céder à la colère, il transforme l’offense en appel à la conscience civique. Il rappelle que la politique doit redevenir un combat d’idées et non une guerre d’identités. Dans un contexte national où les discriminations persistent, son engagement pour la dignité et l’égalité prend une résonance particulière.
Ce n’est pas seulement une épreuve électorale, c’est un test moral : celui de notre capacité collective à défendre les valeurs républicaines face à l’intolérance.
Le Kremlin-Bicêtre mérite mieux qu’une campagne salie par la haine. Il mérite un débat digne, où chaque habitant — quel que soit son nom, son accent ou ses origines — puisse se reconnaître dans la promesse républicaine : Liberté, Égalité, Fraternité.

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