
Par : Mohammed CHOUAKI
Massad Boulos, conseiller de Donald Trump pour les affaires Arabes et Africaines, joue un rôle clé dans la diplomatie Américaine sur le Sahara Occidental. Ses déclarations récentes soulignent un soutien ferme à la souveraineté Marocaine via le plan d’autonomie, tout en appelant implicitement Alger à une solution pragmatique.
Boulos a mené des initiatives pour rallier un soutien international au plan d’autonomie Marocain, aboutissant à un vote favorable à l’ONU en septembre 2025. Il qualifie ce plan de « réaliste et constructif », réaffirmant la reconnaissance Américaine de la Marocanité du Sahara, et envisage même l’ouverture d’un consulat US dans les provinces du Sud. Ses interventions sur Sky News Arabia et Al Arabiya visent à promouvoir une paix durable, en liant la question Saharienne à la stabilité régionale.
L’Algérie persiste à voir le conflit comme une question de décolonisation et d’autodétermination, soutenant le Front Polisario et rejetant le plan Marocain comme une diversion. Des médias Algériens comme TSA notent que Boulos clarifie le conflit comme opposant principalement Maroc et Polisario, reléguant Alger à un rôle d’observateur voisin, ce qui irrite Rabat et Alger. Alger refuse toute solution unilatérale, insistant sur des négociations sans préalables sous égide ONU, avec MINURSO prolongée jusqu’en janvier 2026.
Boulos adresse un avertissement voilé à Alger : accepter l’autonomie Marocaine pour une paix ordonnée, ou risquer un scénario chaotique à la Soudanaise par isolement dogmatique. Cette diplomatie métaphorique s’inscrit dans une continuité trumpienne, postulant l’irréversibilité de la reconnaissance US de 2020. Des visites récentes au Maghreb (Algérie, Maroc) visent à relancer le dialogue, mais Madrid et Washington attendent des avancées concrètes.
L’Algérie maintient une position officielle ferme sur le Sahara Occidental, le considérant comme un processus de décolonisation inachevé nécessitant un référendum d’autodétermination pour le peuple Sahraoui.
Elle soutient le Front Polisario et la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) sans revendiquer de territoire, au nom du droit des peuples à l’autodétermination et de l’inviolabilité des frontières coloniales. Alger rejette le plan d’autonomie Marocain comme unilatéral et appelle à des négociations sans préalables sous égide ONU, via la MINURSO.
Malgré des pressions Américaines (Boulos, Rubio) réaffirmant la souveraineté Marocaine, Alger regrette ces positions et s’abstient sur des résolutions ONU perçues comme insuffisantes, insistant sur une solution juste et pacifique. Des articles récents évoquent un possible assouplissement à Madrid en février 2026, acceptant le plan d’autonomie comme base technique, mais sans reconnaissance formelle ni photo conjointe avec le Maroc. Cette nuance reflète une diplomatie sous contrainte, priorisant l’autodétermination.
Le Maroc considère le Sahara Occidental comme partie intégrante de son territoire historique et souverain, appelé « provinces du Sud », et propose un plan d’autonomie large sous sa souveraineté comme seule solution réaliste au conflit.
Présenté en 2007, ce plan accorde une autonomie étendue aux provinces Sahariennes en matière législative, exécutive et judiciaire, tout en réservant la souveraineté, l’intégrité territoriale, la monnaie, la défense et les relations extérieures au royaume. Rabat le qualifie de « sérieux, crédible et réaliste », soutenu par des résolutions ONU récentes comme la 2797 d’octobre 2025 qui en fait la base exclusive des négociations.
La reconnaissance Américaine de 2020 (proclamée par Trump) a enclenché une dynamique : France (2024), Espagne, et plusieurs pays Africains/Arabes affirment la « Marocanité » du Sahara, voyant l’autonomie comme conforme à l’autodétermination via participation locale. Le Maroc investit massivement (infrastructures, Alliance Française prévue) pour consolider son contrôle effectif sur 80% du territoire, derrière le « mur de sable ».

Views: 11