Sahara Occidental : Alger, épicentre incontournable d’une solution durable

 Chronique

Par : Abdelkader Reguig

Sahara occidental : Alger, épicentre incontournable d’une solution durable

 Alors que les chancelleries s’activent de Madrid à Washington, une réalité géopolitique s’impose avec force : aucun règlement du conflit au Sahara occidental ne verra le jour sans l’aval de l’Algérie. Les récentes tractations diplomatiques, dont des échanges discrets au sein de l’ambassade américaine en Espagne, ne font que confirmer ce que les observateurs avertis savent depuis longtemps : Alger n’est pas un simple acteur régional, mais bien la clé de voûte de toute stabilité future dans la région.

Le poids d’une diplomatie de principes

Héritière d’une lutte de libération qui structure encore son identité, l’Algérie mène une diplomatie constante qui force le respect. Loin des marchandages et des pressions, elle incarne une certaine idée du droit international. Cette constance n’est pas une posture, mais la colonne vertébrale d’une politique étrangère qui place le droit inaliénable des peuples à disposer d’eux-mêmes au-dessus des intérêts conjoncturels.

Aujourd’hui comme hier, Alger ne se contente pas de défendre des principes : elle les incarne. Et c’est précisément cette force morale, adossée à une influence géostratégique majeure, qui contraint les grandes puissances à reconnaître son rôle central.

Washington rattrapé par le multilatéralisme

Les États-Unis eux-mêmes en font l’expérience. Dans une récente déclaration sur la plateforme X, Massad Boulos, envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, a réaffirmé l’engagement de Washington en faveur d’« une solution juste, durable et mutuellement acceptable ».

Derrière cette formule en apparence consensuelle se cache un aveu de taille. En insistant sur le caractère « mutuellement acceptable » d’un futur accord, l’administration américaine admet implicitement que l’Algérie, en tant que partie prenante majeure, possède un droit de regard décisif. C’est reconnaître que le plan d’autonomie marocain, s’il était imposé unilatéralement, ne mène nulle part. Plus encore, cette position marque un infléchissement contraint par rapport à la reconnaissance de la souveraineté marocaine proclamée sous l’ère Trump, et un retour pragmatique à une logique multilatérale où la voix d’Alger pèse lourd.

L’autodétermination, un principe cardinal

Au cœur de cette fermeté algérienne se trouve une conviction forgée dans l’histoire : le Sahara appartient aux Sahraouis. Pour Alger, la question n’est ni une lutte d’influence ni un marchandage territorial. Il s’agit du respect d’un droit fondamental, celui d’un peuple à disposer de lui-même. Ce principe, non négociable, est le fil rouge d’une politique étrangère constante depuis 1962.

C’est pourquoi toute solution qui ignorerait cette réalité serait caduque. L’Algérie ne négocie pas le droit des peuples ; elle discute des conditions de son respect. En exigeant que tout accord soit « mutuellement acceptable », la communauté internationale, y compris Washington, valide sans le dire cette ligne rouge tracée par Alger.

Conclusion : La clé est à Alger

En maintenant ce cap, l’Algérie ne se contente pas de défendre une cause historique. Elle s’impose comme l’arbitre incontournable de la sécurité et de la stabilité au Maghreb. Les grandes puissances peuvent multiplier les réunions et les déclarations, elles se heurteront toujours à cette réalité géopolitique : pour avancer, il faudra passer par Alger. La clé de la résolution n’est ni à New York, ni à Washington, ni à Rabat. Elle est, et restera, à Alger.

Contact:orarexe@gmail.com

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