La Syrie affirme disposer de vastes réserves inexploitées de gaz naturel

Par : Mohammed CHOUAKI

La Syrie affirme disposer de vastes réserves inexploitées de gaz naturel, estimées à des milliers de milliards de mètres cubes, principalement en offshore méditerranéen et dans des zones inexplorées du pays. Malgré une production actuelle en chute libre (autour de 3 milliards de m³/an contre 8,7 milliards avant la guerre), due à des infrastructures endommagées par le conflit, Damas cherche activement des investisseurs étrangers pour relancer l’exploration et l’exploitation.

Intérêt des compagnies internationales.

Le gouvernement Syrien, via la Compagnie pétrolière Syrienne, a déjà signé un mémorandum avec Chevron (USA) et Power International Holding (Qatar) pour des études offshores au large de Tartous et Lattaquié, avec un démarrage prévu dans deux mois et un possible accord exécutif d’ici huit mois. Des discussions sont en cours avec TotalEnergies, Eni (Italie), ConocoPhillips (USA), QatarEnergy, et même BP, ainsi qu’avec des acteurs Russes et Chinois ; l’objectif est d’attribuer des licences d’exploration pour financer la remise en état des champs existants.

Enjeux et obstacles.

La Syrie met en avant un potentiel comparable aux découvertes gazières du bassin du Levant (Israël, Égypte, Chypre), avec au moins 1,3 milliard de barils équivalent-pétrole confirmés et des zones offshore vierges. Cependant, les défis techniques (manque d’expertise en mer profonde), la sécurité affirmée comme “sous contrôle étatique” après reprise des champs du nord-est, et les besoins en reconstruction freinent les engagements fermes ; la Turquie envisage aussi un accord bilatéral pour 2026. Damas espère un rebond rapide de la production pour stabiliser l’électricité et l’économie, en attirant des majors via des parts de production.

La Syrie a signé un mémorandum d’entente non contraignant le 4 février 2026 avec Chevron (États-Unis) et Power International Holding (Qatar, via sa filiale UCC Holding) pour évaluer l’exploration offshore de pétrole et de gaz au large de Tartous et Lattaquié.

Parties impliquées et cadre.

L’accord a été conclu au palais Présidentiel de Damas entre la Compagnie Pétrolière Syrienne (publique), Chevron et Power International, en présence de l’émissaire Américain Tom Barrack, marquant un rapprochement avec les États-Unis post-chute d’Assad en décembre 2024. Il cible le bassin du Levant méditerranéen, avec expertise technique de Chevron en offshore profond et soutien financier Qatari.

Étapes prévues.

Des études sismiques et évaluations préliminaires débuteront dans deux mois, potentiellement menant à un accord exécutif avec forage dans huit mois si viables économiquement. Chevron apporte son savoir-faire pour des plateformes et pipelines, visant à relancer la production énergétique syrienne ravagée par la guerre.

Contexte stratégique.

Ce “premier pas offshore” succède à un accord de 7 milliards de dollars (mai 2025) avec un consortium incluant Power International pour des centrales à gaz et solaire, et s’inscrit dans la reprise de champs comme al-Omar. Des défis persistent : sanctions résiduelles, litiges maritimes (Liban, Israël) et stabilité interne.

La Syrie n’a pas publié d’estimations officielles certifiées de ses réserves de gaz offshore à ce jour, car ces zones méditerranéennes (notamment au large de Tartous et Lattaquié) restent largement inexplorées, sans forages effectués.

Réserves prouvées totales.

Les réserves prouvées de gaz naturel en Syrie s’élèvent à environ 8,5 trillions de pieds cubes (soit environ 240 milliards de m³), principalement terrestres dans l’est du pays (Deir ez-Zor, Euphrate), selon les données officielles de 2025. Des chiffres antérieurs évoquent 255 milliards de m³, mais la production a chuté à 3 milliards de m³/an contre 8,7 milliards avant-guerre en raison des dommages aux infrastructures.

Potentiel offshore et bassin du Levant.

Le Gouvernement Syrien, via Youssef Qablawi (directeur de la Syrien Petroleum Co.), parle d’un potentiel de “milliers de milliards de mètres cubes” dans les zones inexplorées offshore, comparable au bassin du Levant (où l’USGS estimait 3 500 milliards de m³ récupérables régionaux en 2010). Cinq blocs côtiers ont été identifiés pour l’exploration, avec des études sismiques préliminaires prometteuses mais non quantifiées publiquement ; des évaluations détaillées (comme celles du mémorandum Chevron) sont attendues dans les prochains mois. Wood Mackenzie confirme au moins 1,3 milliard de barils équivalent-pétrole découverts, hors offshore vierge.

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