
Par : Mohammed CHOUAKI
Ursula von der Leyne, Présidente de la Commission Européenne, a récemment appelé l’Europe à intensifier ses efforts en matière de défense. Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité le 13 février 2026, elle a déclaré que l’Europe doit « passer à la vitesse supérieure » et assumer ses responsabilités, après des décennies de dépendance envers les États-Unis.
Contexte de la déclaration.
Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes, notamment la guerre en Ukraine et les menaces perçues de la Russie. Von der Leyne a souligné que la sécurité Européenne n’est plus une priorité secondaire, appelant à un pilier Européen fort en matière de spatial, renseignements et capacités de frappes en profondeur.
Mesures proposées.
Elle évoque un réarmement historique pour une défense crédible d’ici 2030, face aux réductions potentielles des engagements Américains dans l’OTAN sous Donald Trump. Des plans antérieurs, comme celui de mars 2025 mobilisant 800 milliards d’euros via prêts, assouplissement budgétaire et fonds de cohésion, préfigurent cette accélération.
Ursula von der Leyne a présenté en mars 2025 le plan « ReArm Europe » (rebaptisé Readiness 2030), structuré autour de cinq volets visant à mobiliser jusqu’à 800 milliards d’euros pour renforcer la défense Européenne. Ce plan répond aux menaces Russes et aux incertitudes sur le soutien Américain.
Les cinq volets détaillés.
• Flexibilité budgétaire : Suspension des règles budgétaires de l’UE (déficit à 3% du PIB) pour permettre aux États membres d’augmenter leurs dépenses militaires, potentiellement 650 milliards d’euros sur quatre ans via une hausse de 1,5% du PIB.
• Prêts de défense : 150 milliards d’euros de prêts Européens pour des projets communs prioritaires comme la défense anti-aérienne, missiles, drones, artillerie et mobilité militaire.
• Réorientation budgétaire : Détournement partiel des fonds de cohésion (392 milliards d’euros sur 2021-2027) vers des investissements défense.
• Rôle de la BEI : Assouplissement des restrictions de la Banque européenne d’investissement pour financer directement des projets de défense.
• Mobilisation privée : Création d’un mécanisme pour attirer les capitaux privés et renforcer l’industrie de défense européenne.
Mise en œuvre.
Approuvé par les 27 États le 6 mars 2025 lors d’un sommet extraordinaire, ce plan cible drones, IA, cybersécurité et soutien à l’Ukraine, tout en favorisant achats collectifs.
Les États membres de l’UE ont approuvé le plan ReArm Europe lors du Conseil européen extraordinaire du 6 mars 2025 à Bruxelles, marquant un consensus large malgré quelques réserves.
Approbation générale.
Emmanuel Macron a salué un « très large consensus » et un « réveil stratégique profond », avec validation des mesures comme les 150 milliards d’euros de prêts, la flexibilité budgétaire et la mobilisation de la BEI et des fonds de cohésion. Les 27 ont acté l’accélération des investissements en défense, priorisant drones, missiles, artillerie et cyber, en réponse à la menace russe et au désengagement Américain.
Réserves minoritaires.
La Hongrie (Viktor Orbán) a bloqué certains textes liés à l’Ukraine, optant pour une déclaration signée par 26 pays ; des critiques hongroises, Slovaques et Italiennes portaient sur une perte de souveraineté nationale en défense. Malgré cela, le plan a été validé, avec un Livre blanc promis pour mi-mars.
Au sommet Européen extraordinaire du 6 mars 2025 à Bruxelles, la France et l’Allemagne ont soutenu le plan ReArm Europe d’Ursula von der Leyne, bien que leurs approches reflètent des priorités distinctes. Emmanuel Macron a qualifié cette approbation de « réveil stratégique profond » et de consensus large.
Position Française.
La France, représentée par Emmanuel Macron, a salué un tournant historique pour la défense autonome de l’UE, avec un appui fort aux 150 milliards d’euros de prêts et à la flexibilité budgétaire. Paris a poussé pour une accélération des achats communs en drones, missiles et cyberdéfense, tout en insistant sur le soutien à l’Ukraine.
Position allemande.
L’Allemagne, sous la direction du Chancelier Friedrich Merz (alors en coalition conservatrice), a validé le plan comme un investissement nécessaire face à la Russie, priorisant la réorientation des fonds de cohésion et le rôle accru de la BEI. Berlin a toutefois exprimé des réserves sur une mutualisation excessive des dettes, préférant des réformes nationales pour atteindre l’objectif de 2% du PIB en défense.

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