
Par : Mohammed CHOUAKI
Oui, la visite officielle du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, en Algérie est prévue pour les 17 et 18 février 2026, suite à une invitation de son homologue algérien Saïd Sayoud.
Cette annonce, confirmée le 12 février par son entourage à l’AFP, intervient après un entretien téléphonique entre les deux ministres.
Objectifs principaux
Les discussions porteront sur des dossiers sensibles comme les réadmissions de ressortissants algériens en situation irrégulière en France, la lutte contre le terrorisme et le narcotrafic.
Le cas du journaliste français Christophe Gleizes, détenu depuis mai 2024 après un reportage sur la JS Kabylie, devrait également être abordé.
Ce déplacement vise à relancer la coopération sécuritaire et migratoire, tendue depuis des années.
Contexte diplomatique
C’est la première visite d’un ministre français de l’Intérieur en Algérie depuis fin 2022, dans un climat de tensions persistantes entre Paris et Alger.
Des figures comme Ségolène Royal, récente médiatrice, ont plaidé pour ce geste d’apaisement.
Malgré des reports antérieurs, cette étape est vue comme un possible signe de dégel bilatéral.
Les tensions sur les OQTF (Obligations de Quitter le Territoire Français) entre la France et l’Algérie en 2026 s’expliquent par un refus récurrent d’Alger de délivrer les laissez-passer consulaires nécessaires aux expulsions de ressortissants algériens en situation irrégulière.
Ce dossier, devenu un levier diplomatique, est exacerbé par des incidents sécuritaires impliquant des personnes sous OQTF, alimentant les critiques françaises contre le manque de coopération algérienne.
Refus algériens
L’Algérie conditionne les réadmissions à une vérification stricte des identités et rejette les cas jugés abusifs, selon le président Tebboune en février 2026.
Alger perçoit ces demandes comme une ingérence et utilise les OQTF pour affirmer sa souveraineté face aux pressions internes françaises.
Le faible taux d’exécution (environ 7% pour les Algériens) contraste avec d’autres pays, cristallisant les reproches à Paris.
Contexte bilatéral
Ces frictions s’inscrivent dans une crise plus large depuis 2021 : guerre des visas, Sahara occidental, affaire Boualem Sansal et faits divers comme l’attaque de Mulhouse.
En 2026, malgré des tentatives d’apaisement (comme la visite de Laurent Nuñez les 17-18 février), les OQTF restent un symbole de rapport de force.
La France accuse Alger de bloquer jusqu’à 14 reprises certains retours, tandis qu’Alger dénonce une instrumentalisation politique.
Les tensions sur les OQTF persistent car le président Tebboune ne propose pas de mesures concrètes pour lever le refus des laissez-passer consulaires, mais insiste sur le respect des droits des Algériens concernés.
Au contraire, il appelle la France à garantir un examen approfondi des situations individuelles et tous les recours judiciaires avant toute expulsion, sans engagement clair d’Alger sur une facilitation administrative.
Position de Tebboune
Dans son interview du 7 février 2026, TEBBOUNE justifie ce refus par la protection des droits fondamentaux : les personnes sous OQTF, souvent installées en France depuis longtemps, doivent pouvoir contester leur renvoi jusqu’au bout.
Il rappelle les accords bilatéraux exigeant une procédure transparente impliquant le consulat Algérien, rejetant toute expulsion “à la va-vite” sans garanties.
Aucune mesure proactive comme une accélération des vérifications d’identité ou un quota de laissez-passer n’est avancé ; il dissocie même cela de son appel de janvier 2026 à la régularisation des jeunes en précarité (sans OQTF).
Implications diplomatiques
Cette posture renforce le levier Algérien dans les négociations, en attendant la visite de Laurent Nuñez les 17-18 février pour tenter un compromis.
TEBBOUNE privilégie la souveraineté et la dignité des citoyens à une coopération immédiate, conditionnant tout progrès au respect des procédures par Paris.

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