Négociations secrètes à Madrid pour l’avenir du Sahara Occidental.

Par : Abdelkader Reguig

Selon El Mundo El Confidencial du 07/02/2026 Por Ignacio Lembrero.
Sous médiation Américaine, le Maroc, l’Algérie et le Front Polisario se rencontrent ce dimanche dans la capitale Espagnole pour discuter du statut de l’Ancienne Colonie Espagnole.

Rabat présente une nouvelle proposition d’autonomie élargie, mais Alger et les indépendantistes Sahraouis résistent.

Madrid, dimanche
Une réunion diplomatique secrète se tient ce dimanche à Madrid pour relancer les discussions sur le conflit du Sahara Occidental, territoire disputé depuis des décennies. Les principaux acteurs : le Maroc, l’Algérie, le Front Polisario et la Mauritanie, y participent sous la médiation active des États-Unis, qui ont marginalisé le rôle traditionnel des Nations unies dans ce dossier.

La rencontre a lieu au siège de l’ambassade Américaine à Madrid, à l’initiative des représentants du Président Donald Trump, Massad Boulos et Michael Waltz. Leurs interlocuteurs sont les Ministres des Affaires Etrangères du Maroc (Nasser Bourita), de l’Algérie (Ahmed Attaf), de la Mauritanie (Mohamed Salem Ould Merzoug) et le chef de la diplomatie du Polisario (Mohamed Yeslem Beissat).

L’envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara Occidental, Staffan de Mistura, est également présent, bien que son rôle apparaisse effacé par la diplomatie Américaine.

Contexte : une impasse de 35 ans.

Le Sahara Occidental, ancienne colonie Espagnole, est revendiqué à la fois par le Maroc qui en contrôle environ 70%
et par le Front Polisario, mouvement indépendantiste soutenu par l’Algérie.

Un référendum d’autodétermination avait été convenu en 1991 sous l’égide de l’ONU, mais n’a jamais eu lieu en raison des désaccords persistants sur les conditions de son organisation.

Aujourd’hui, Washington fait de la résolution de ce conflit une « priorité maximale », selon les termes de Massad Boulos. Les pourparlers de Madrid font suite à une première rencontre discrète à Washington il y a deux semaines, passée inaperçue de la presse Américaine.

Une nouvelle proposition Marocaine en 40 pages

Le Maroc avance une nouvelle proposition d’autonomie pour la région, un document de 40 pages élaboré ces derniers mois par des conseillers royaux et des responsables sécuritaires.

Jusqu’ici, le plan d’autonomie Marocain, présenté en 2007, ne faisait que trois pages ce qu’Ahmed Attaf le Ministre d’Etat Ministre des Affaires Etrangères, a vivement critiqué comme étant insuffisant.

Cette version étoffée répond aux pressions de la France et surtout des États-Unis, qui ont incité Rabat à détailler son projet. Cependant, selon une première évaluation américaine, la proposition resterait insuffisante. Une autonomie réelle supposerait une réforme constitutionnelle au Maroc, un État très centralisé, ce qui pourrait provoquer des revendications similaires dans d’autres régions, comme le Rif.

Les positions en présence.

-Le Maroc cherche à obtenir le démantèlement ou la réduction drastique de la MINURSO, la mission de l’ONU déployée sur place depuis 1991. Rabat mise sur un soutien international croissant : l’Union Européenne a récemment appuyé son plan, et des pays comme les États-Unis et la France ont reconnu sa souveraineté sur le territoire.


-L’attachement de l’Algérie et du Polisario au référendum d’autodétermination est une position intransigeante, structurante depuis des décennies. En tant qu’hôte et protecteur des camps de réfugiés Sahraouis à Tindouf,

Alger a les moyens de son influence et rejette les injonctions Américaines à lâcher prise. Cette obstination puise sa légitimité dans l’histoire même de l’Algérie, qui a conquis son indépendance en invoquant ce même principe, un principe alors cautionné par les États-Unis.

Pourquoi Madrid ?

Le choix de Madrid comme lieu de négociation est une décision pratique des États-Unis, évitant aux ministres maghrébins un déplacement à Washington pour une réunion d’une journée. Le gouvernement espagnol n’a pas été impliqué dans l’organisation, mais le ministre des Affaires étrangères José Manuel Albares profitera de l’occasion pour recevoir séparément ses homologues Algérien et Mauritanien.

Ce n’est pas la première fois que les États-Unis utilisent Madrid comme cadre de discussions sensibles : en septembre dernier, des négociations commerciales américano-chinoises sur les droits de douane s’y étaient déjà tenues.

Une mission Onusienne affaiblie.

La MINURSO, dont le mandat incluait l’organisation du référendum, est aujourd’hui affaiblie par des coupes budgétaires.

Fin novembre, le responsable du bureau de l’ONU dans les camps de Tindouf a été licencié et ne sera pas remplacé. Rabat espère voir la mission réduite à sa plus simple expression d’ici avril, ou au plus tard en octobre, lors du renouvellement de son mandat.

Quelles perspectives ?

Les négociations de Madrid s’annoncent tendues. Le Maroc mise sur son plan d’autonomie et son réseau d’alliances internationales. L’Algérie et le Polisario, de leur côté, refusent d’abandonner l’idée d’un référendum, considéré comme la seule issue légitime après 35 ans d’attente.

Les États-Unis, moteurs de cette initiative, cherchent à stabiliser la région, mais devront composer avec des positions encore très éloignées. L’issue de ces pourparlers pourrait redéfinir durablement les équilibres au Maghreb.

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