
Par : Le Sénateur Abdelkader REGUIG
Dans un monde marqué par des crises en cascade – Venezuela, Iran, Ukraine, Gaza – une voix Française résonne avec une clarté et une fermeté rare.
Dominique de Villepin, l’ancien Ministre des Affaires étrangères et Premier Ministre, diagnostique avec lucidité : « Le Venezuela, c’est l’impasse. L’Iran, c’est l’impasse. L’Ukraine, c’est l’impasse ». Un constat sans concession sur l’échec des politiques internationales actuelles, particulièrement celles de l’administration Trump qu’il ne juge « pas très sérieuses du point de vue de la responsabilité ».
L’héritage d’une France qui compte Il fut un temps où la France pesait différemment sur la scène Mondiale.
En 2003, devant le Conseil de Sécurité de l’ONU, Dominique de Villepin incarnait cette France souveraine qui disait « non» à la guerre en Irak, défendant une vision du multilatéralisme et du droit international. Cette prise de position historique reste dans les mémoires comme un moment où la diplomatie Française rayonnait par sa justesse et son courage.
Dix-huit ans plus tard, le constat est amer : le poids politique de la France dans le monde a décliné. Pourtant, les défis géopolitiques n’ont jamais été aussi complexes, et le besoin d’une voix claire, indépendante et visionnaire jamais aussi pressant.
L’homme et sa stature internationale Né en 1953 à Rabat, diplômé de Sciences Po et de l’ENA, Dominique de Villepin incarne une certaine idée de la France.Issu d’une famille qui a toujours servi l’État, cet homme d’État, diplomate et écrivain possède une compréhension fine des équilibres mondiaux.
Son analyse du Venezuela est particulièrement éclairante : « Je connais bien le Venezuela, j’y ai grandi. Je peux vous dire que le nationalisme anti-impérialiste des Vénézuéliens est sans doute le plus fort d’Amérique latine. » Il souligne avec justesse que «on ne piétine pas la dignité des peuples de cette région», rappelant que la politique de pression Américaine a échoué, tandis que la Chine a joué « beaucoup, beaucoup plus habilement «en étendant son influence économique sur tout le continent.
Une vision critique de la puissance Américaine
Villepin pose un diagnostic sans appel sur les États-Unis : « Croire que les États-Unis sont au sommet de leur puissance, sans doute sont-ils là en train de donner un déclin manifeste au lieu d’une destinée manifeste. »Pour lui, les interventions Américaines créent «un rejet des États-Unis extrêmement profond et sans doute durable ».
Son avertissement est sévère : « Ce qui menace aujourd’hui l’administration Trump, c’est de ne pas être pris au sérieux par la communauté internationale. Et d’ajouter : «On peut trépigner, on peut tempêter, on peut même envoyer des soldats et faire des bêtises. Ça ne fait pas la puissance d’un pays. »
La France a besoin de sa stature
Face à ces impasses géopolitiques, la France a plus que jamais besoin d’une vision et d’une envergure. Elle a besoin de cette hauteur de vue qui permet de comprendre que la vraie puissance ne réside pas dans la force brute mais dans la capacité à construire des alliances, à comprendre les dynamiques historiques et culturelles, à proposer des voies alternatives.
Dominique de Villepin incarne cette tradition Gaullienne qui place la souveraineté Française au service d’un monde multipolaire plus équilibré. Son « Gaullisme de gauche », passionné de géopolitique et souvent en rupture avec les courants dominants, représente peut-être l’alternative dont la France a besoin pour retrouver son rayonnement.
Alors que les crises internationales se multiplient et que l’ordre mondial est en pleine recomposition, la France mérite un leadership à la hauteur de son histoire et de ses aspirations.
Un leadership qui, comme celui de Dominique de Villepin, comprend que la grandeur d’une nation se mesure à sa capacité à défendre des principes, à anticiper les équilibres mondiaux et à parler au monde avec la force de la raison plutôt que la raison de la force.
Par : Le Sénateur Abdelkader Reguig
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