Le football, un langage mondial aux fondations économiques solides
Le football est aujourd’hui l’un des secteurs culturels et économiques les plus puissants au monde. Droits de diffusion, sponsoring, paris sportifs, tourisme, merchandising : l’écosystème global du ballon rond pèse plusieurs centaines de milliards d’euros et structure des chaînes de valeur entières, de l’événementiel aux médias, en passant par l’aménagement urbain et les technologies du sport.
Mais au-delà des chiffres, le football agit comme un langage commun. Il traverse les frontières, les classes sociales et les clivages politiques. C’est précisément cette capacité à fédérer qui en fait un levier stratégique, notamment sur le continent africain.
La CAN, bien plus qu’un tournoi
La Coupe d’Afrique des Nations n’est pas seulement une compétition sportive. Elle est un moment continental, un espace de projection collective où se jouent des enjeux multiples : visibilité internationale, cohésion sociale, affirmation politique et développement économique.
Pour les pays hôtes, la CAN est un accélérateur. Infrastructures sportives, transports, hôtellerie, emplois temporaires, attractivité touristique : l’événement agit comme un catalyseur. Le Maroc, qui accueille l’édition actuelle, s’inscrit clairement dans cette logique, en mobilisant le football comme outil de rayonnement régional et international.
Sur le plan géopolitique, la CAN relève du soft power. Elle permet aux États africains de raconter un autre récit : celui d’un continent capable d’organiser, d’innover, de rassembler. Elle renforce aussi un sentiment d’appartenance panafricain, où les rivalités sportives cohabitent avec une fierté commune.
Sur le plan sociétal enfin, la CAN joue un rôle essentiel. Elle offre des moments de communion rares, suspend le quotidien, redonne de la place à l’émotion collective. Dans de nombreux pays, le football demeure l’un des rares espaces où l’unité nationale se vit concrètement, dans les rues comme dans les foyers.
Mohamed Belkheïra, une trajectoire au cœur du football algérien
C’est dans ce contexte que s’inscrit notre entretien avec Mohamed Belkheïra, ancien international algérien. Défenseur rigoureux, formé à l’ASM Oran, il a porté le maillot national au début des années 1980, à une période où le football algérien s’imposait progressivement sur la scène africaine et internationale.
Son parcours raconte un football plus sobre, plus ancré dans le collectif, loin de l’hyper-médiatisation actuelle. Après sa carrière de joueur, il a poursuivi son engagement comme entraîneur, transmettant une vision du sport fondée sur la discipline, l’effort et le sens du maillot.
Dans cet entretien, Mohamed Belkheïra revient sur ce que représente le fait de défendre les couleurs de son pays, sur l’évolution du football africain depuis les années 1980, et sur le rôle profond que ce sport joue dans les trajectoires individuelles comme dans les imaginaires collectifs.
À travers son regard, c’est une autre lecture du football qui émerge : moins spectaculaire, mais plus essentielle. Un football comme miroir des sociétés, comme espace de projection, et parfois comme dernier terrain de dialogue entre les peuples.
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