Ségolène Royal élue présidente de l’Association France-Algérie

Ségolène Royal, figure majeure de la vie politique française, ancienne ministre et première femme à avoir accédé au second tour d’une élection présidentielle en France, vient d’être élue présidente de l’Association France-Algérie (AFA). Cette élection, intervenue le 18 décembre 2025, marque une nouvelle étape dans l’engagement de l’ancienne candidate socialiste en faveur du rapprochement entre la France et l’Algérie.

Une association historique au service du dialogue

Fondée en 1963, peu après l’indépendance de l’Algérie, l’Association France-Algérie a toujours œuvré pour renforcer les liens entre les deux pays, au-delà des vicissitudes de l’histoire et des tensions diplomatiques. Elle a été présidée par des personnalités politiques et intellectuelles de premier plan, comme Jean-Pierre Chevènement et, plus récemment, Arnaud Montebourg, auquel Ségolène Royal succède.

Selon un communiqué de l’AFA, la nouvelle présidence aura pour mission de « renforcer le développement des relations amicales et de la coopération entre Français et Algériens, et de contribuer à l’établissement d’une nouvelle ère de relations fondées sur l’estime et l’amitié entre les deux États et les deux peuples ».

Un parcours politique au service de l’intérêt général

Née le 22 septembre 1953 à Dakar, Ségolène Royal a marqué la vie publique française par un parcours riche et souvent pionnier. Ancienne élève de l’ENA, proche collaboratrice de François Mitterrand dans les années 1980, elle a occupé de nombreux mandats électifs, notamment comme députée des Deux-Sèvres et présidente de la région Poitou-Charentes.

Ministre à plusieurs reprises – Environnement sous Pierre Bérégovoy, Enseignement scolaire puis Famille sous Lionel Jospin, puis à nouveau ministre de l’Écologie, de l’Énergie et de la Mer de 2014 à 2017 –, elle a toujours placé les enjeux sociétaux et environnementaux au cœur de son action. Sa candidature à l’élection présidentielle de 2007 a fait d’elle une figure symbolique de l’émancipation des femmes en politique.

Après son départ du gouvernement, elle a été nommée ambassadrice chargée des négociations internationales pour les pôles arctique et antarctique (2017-2020), un poste qui témoigne de son engagement de longue date pour les questions climatiques et de souveraineté.

Une présidence tournée vers l’avenir

L’élection de Ségolène Royal à la tête de l’AFA intervient à un moment où les relations franco-algériennes, complexes et passionnées, cherchent un nouvel élan. Forte de son expérience gouvernementale, de son réseau et de sa connaissance des dossiers internationaux, elle entend apporter une énergie nouvelle à cette association de la société civile.

« Il est temps de regarder ensemble vers l’avenir, de construire sur ce qui nous unit : une histoire partagée, certes douloureuse par moments, mais aussi une langue, une culture et des défis communs, qu’il s’agisse du climat, de la jeunesse ou de l’innovation économique », a-t-elle déclaré après son élection.

Son action s’inscrira probablement dans la continuité de son prédécesseur, Arnaud Montebourg, qui avait lui-même œuvré pour un dialogue économique et culturel renforcé, mais avec le style et les priorités qui sont les siens, notamment sur les questions environnementales et sociales.

Un symbole fort

Au-delà de l’institution, cette nomination est un symbole. Elle montre qu’au-delà des clivages partisans, des personnalités politiques de premier plan continuent de s’investir pour tisser des liens entre la France et l’Algérie. À 72 ans, Ségolène Royal, toujours active et engagée, prouve que le service de l’intérêt général et la construction de ponts entre les peuples n’ont pas d’âge.

La tâche ne sera pas simple, tant les sensibilités sont vives des deux côtés de la Méditerranée. Mais l’arrivée d’une personnalité de son envergure à la tête de l’Association France-Algérie est un signal positif pour tous ceux qui croient en la nécessité d’un dialogue apaisé et constructif entre Paris et Alger.

L’Association France-Algérie, sous cette nouvelle présidence, sera sans aucun doute un espace à suivre de près dans les mois à venir, alors que la France et l’Algérie tentent d’écrire ensemble un nouveau chapitre de leur longue relation.

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